"Ils dévalisent notre nourriture" : les singes sont devenus un fléau à New Delhi

"Ils dévalisent notre nourriture" : les singes sont devenus un fléau à New Delhi

INSOLITE- Dans la capitale indienne, la présence de ces primates s'est accentuée pendant l'épidémie. De quoi agacer les habitants qui tentent de les faire fuir. Récit d'une cohabitation difficile.

Sur les parcs ou sur les toits, les singes ont pris possession de la capitale indienne. Avec la pandémie, leur présence s’est accentuée dans les rues de New Dehli. La raison ? Les primates auraient profité de l’absence de la population– confinée pendant trois mois - pour proliférer. Résultat : la mégapole compterait 25.000 primates. De quoi exaspérer certains habitants qui font part des nuisances qu'ils subissent. "Ils se déplacent de toit en toit. On a installé des grilles pour les empêcher d’entrer dans nos maisons. Ils les ont enlevés. Ils ont même retiré un climatiseur", peste un Indien. À côté de lui, une femme renchérit : "Ils dévalisent notre nourriture, parfois ils nous sautent dessus."

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La cohabitation est de plus en plus difficile. Au total, 900 cas de morsures ont été signalés à New Dehli en 2020. Ces animaux qui peuvent peser jusqu'à 7 kg se déplacent dans les parcs et se sont adaptés à leur environnement urbain. Conséquences : ils côtoient de plus en plus d'êtres humains." J'étais assise sur ce banc quand un singe a commencé à s’approcher de moi. Je suis partie, mais au bout de quelques mètres, il s’est retourné et s’est jeté sur ma jambe », raconte SonakshI Verma. Lors de son agression, la jeune femme se trouvait à deux pas de son domicile. Devant les caméras, elle montre ses blessures profondes aux jambes et aux bras. Un mois après son attaque, elles sont toujours visibles. 

Face à ces nuisances, les autorités locales ont recruté une cinquantaine d’agents. Leur objectif ? Éloigner ces singes qui ont envahi les lieux de pouvoir à l'instar du ministère et du parlement. Pour les effrayer, les chasseurs de primates doivent faire preuve de rapidité. "Va derrière, ils s’enfuient de l’autre côté", crie Gul Khan à l’un de ses collègues. Depuis vingt ans, il court derrière les primates et sa méthode est bien rodée : il imite le cri du langur, prédateur et ennemi juré de ces petits primates. Et ce cri très difficile à réaliser fonctionne. "Le son les informe d’un danger imminent. Avant, nous utilisions des langurs, des singes bien plus gros qu’eux pour les faire détaler. Mais c’est interdit désormais. On veut juste les éloigner et non les capturer", précise Gul Khan. 

C'est ici que les singes trouvent à manger- Shubham Raghav, employé à la protection de la faune

Comment expliquer la présence de ces primates à New Dehli ? Le nombre de ces macaques bruns avec la tête rosée et le postérieur rouge a explosé à partir des années 1990." Cette situation a été provoquée par la déforestation, leur habitat a été détruit", indique Shubham Raghav, employé à la protection de la faune – fondation Sanjay Gandhi. Le spécialiste ajoute que ces singes "n’ont aucun désir d’être en ville, mais c’est ici qu’ils trouvent à manger."  Ils arrivent souvent affamés, ce qui explique leur comportement agressif à l'égard des passants.

Plusieurs initiatives ont été prises par les autorités pour endiguer ce problème. En 2003, le gouvernement avait essayé de les transférer dans un espace naturel aux portes de New Delhi. Une initiative qui s'est soldée par un échec. À cause du manque de nourriture, les macaques ont fui les lieux pour revenir dans la capitale. Trois ans plus tard, une campagne de stérilisation avait été tentée dans un autre état indien (Himachal Pradesh). Cet essai n'avait pas été probant. Dix ans plus tard, le gouvernement de cet État a dû déclarer l'animal nuisible. 

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La dernière initiative date d'avant la pandémie. Le gouvernement a indiqué vouloir recenser les singes pour mieux lutter contre leurs nuisances. En Inde, le primate est un animal sacré et vénéré par des millions de personnes. Dans la religion hindoue, il est représenté sous la forme du dieu Hanuman – symbole de la force. Une poignée de personnes lui voue un culte. D'ailleurs, certains habitants les nourrissent malgré les consignes des autorités et entretiennent leur dépendance. 

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