Anne-Claire Coudray reçoit Antony Blinken : "Un diplomate qui nous connaît très bien"

Entretien exclusif TF1-LCI : Anthony Blinken, ministre des affaires étrangères américaines

INTERVIEW EXCLUSIVE- En visite à Paris, Antony Blinken, le chef de la diplomatie du président américain Joe Biden, a répondu aux questions d'Anne-Claire Coudray dans un entretien exclusif à revoir dans la vidéo en tête de cet article. Anne-Claire Coudray nous en révèle les coulisses.

Le Sahel, les relations entre l'Union européenne et la Chine,... Dans un entretien exclusif accordé à Anne-Claire Coudray dans le 20H de TF1 samedi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, en visite en France, a accepté d'aborder plusieurs "dossiers chauds". Francophile et francophone, il livre notamment son regard sur les relations franco-américaine sous l'ère Biden.. en évitant soigneusement de citer Donald Trump. Anne-Claire Coudray nous raconte les coulisses de cet interview exceptionnelle.

La francophilie et francophonie d'Antony Blinken ont-elles joué dans cette interview ?

Anne-Claire Coudray : C'était notre porte d'entrée. C'est quelqu'un qui a vécu des années en France et qui a donc un regard sur les différences entre les Américains et les Français. On a toujours l'impression que les Américains sont nos cousins éloignés, mais on constate aussi très régulièrement que nous ne sommes pas faits pareil et que nous ne pensons pas pareil, qu'on n'a finalement pas du tout les mêmes façons de penser politique. C'est toujours intéressant d'avoir quelqu'un qui vous connaît par cœur pour vous en parler. 

Antony Blinken a passé en France les années de construction d'un futur adulte. Il est arrivé à l'âge de 9 ans, et est reparti après le bac. Il s'est formé en tant qu'adulte en France. L’interview n'était pas centrée sur ce point, mais on a envie de savoir en quoi ce passage chez nous l’a marqué, l’a transformé, en tout cas lui a donné envie de faire de la diplomatie et ce dialogue entre les cultures.

C'est un diplomate de carrière qui est très mesuré et qui sait évacuer les questions qui le rendent mal à l'aise- Anne-Claire Coudray

Est-ce que l'arrivée d'Antony Blinken marque un véritable renouveau des relations diplomatiques ?

C'est forcément un retour à une diplomatie plus classique telle qu'on la connaissait avant, et en même temps, il y a eu quatre ans qui se sont passés avec un président qui a déstabilisé les choses et qui a obligé les Européens à se repositionner. Ces derniers temps, les Européens sont souvent agacés par les prises de position américaines. On sent bien qu'on ne peut plus revenir à la même relation qu'avant, mais que les Américains ont bien conscience qu'ils ne feront absolument rien sans les Européens. Et donc il y a un vrai jeu de séduction. Joe Biden invite Angela Merkel le 15 juillet à la Maison Blanche et Blinken a dit que l'Allemagne était le "meilleur ami" des Américains. Et quand on lui pose la question, il botte en touche en expliquant que le partenaire des États-Unis, c'est la France. 

Il n'a absolument jamais parlé de Trump au cours de l'entretien. Quand on lui pose la question des dégâts diplomatiques de sa mandature, il dit qu’il faut regarder vers l'avenir. À aucun moment il ne cite l'ex-président, à aucun moment il ne juge son action. C'est un diplomate de carrière qui est très mesuré et qui sait évacuer les questions qui le rendent mal à l'aise, et également quelqu'un qui nous connaît très bien et sait nous aborder.

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Quelle était la question que vous vouliez le plus lui poser ?

Il y en a plusieurs, notamment par rapport à la Chine, pour savoir s'il nous trouve trop naïfs. Je pense que la question se pose aussi pour la Russie. Angela Merkel et Emmanuel Macron ont essayé d'initier à Bruxelles ces dernières heures une reprise du dialogue avec Vladimir Poutine. 

On sait que sur la Chine, on n'a pas du tout la même approche, en tout cas verbalement. Le fait qu'on soit 27 dans l'Union européenne, forcément, ça dilue une position. Elle sera toujours moins tranchée que celle des Américains. Antony Blinken est plus sur l’adversité que sur la concurrence. Il demande de la Chine le respect des règles mises en place après la Seconde Guerre mondiale. Nous, Européens, avons une pudeur. Jamais Emmanuel Macron ne dira de Vladimir Poutine que c’est un tueur. Joe Biden le fait, ça ne l’empêche pas de le rencontrer. Nous avons une diplomatie plus polie. 

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