EXCLUSIF - Un an après leur captivité en Irak, deux ex-otages français témoignent pour la première fois

EXCLUSIF - Un an après leur captivité en Irak, deux ex-otages français témoignent pour la première fois

TÉMOIGNAGES - Le 20 janvier 2020, les Français Antoine Brochon, Julien Dittmar, Alexandre Goodarzy et leur interprète irakien Tariq Mattoka étaient enlevés en pleine rue à Bagdad par des miliciens chiites, avant d'être libérés au bout de 66 jours de détention. Deux de ces ex-otages membres de l'ONG SOS Chrétiens d'Orient s'expriment pour la première fois face aux caméras de TF1.

Un peu plus d'un an après les événements, la cicatrice n'est toujours pas refermée. Le 20 janvier 2020, les Français Antoine Brochon, Julien Dittmar et Alexandre Goodarz, tous trois membres de l'ONG SOS Chrétiens d'Orient, ainsi que leur interprète irakien Tariq Mattoka, sont enlevés en quelques secondes dans les rues de Bagdad, en plein jour, alors qu'ils sont à bord d'un taxi. Leurs ravisseurs : des assaillants d'une milice chiite lourdement armés et ennemis de Daech, dont l'influence est alors réduite dans le pays.

"On nous bande les yeux, on nous attache, on nous empêche de voir leurs visages, la route. On a peur évidemment, on pense que c’est peut-être la fin, qu’on va peut-être rester vivants mais dans quelles conditions ?, se souvient Julien Dittmar face aux caméras de TF1. Ensuite, on nous dit : 'Vos familles, vous avez eu 20-30 ans pour les connaître, maintenant c’est terminé, vous les oubliez. Votre vie s’arrête là.'"

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Notre vie ne nous appartient plus, ce n’est plus nous qui décidons de vivre ou mourir.- Julien Dittmar, ex-otage en Irak.

"Dès que le trajet commence, qu’on sent qu’on s’éloigne de Bagdad, on a l’impression de pénétrer dans un tunnel sans fin, on s’enfonce dans la nuit", décrit Antoine Brochon. Les trois salariés de l’ONG, eux-mêmes fervents catholiques, connaissaient bien l’Irak. Cette fois encore, ils étaient venus aider la communauté chrétienne, depuis longtemps persécutée, notamment par Daech.

Étonnamment, les geôliers n’ont pas revendiqué l’enlèvement et n’ont pas réclamé de rançon. Ainsi, les trois otages français ont été coupés du monde extérieur durant toute leur détention, qui durera 66 jours, souvent sans eau ni nourriture. Une torture psychologique quotidienne, comme l'explique Julien Dittmar : "C’est vraiment horrible. On croit qu’on va sortir au bout d’un mois, un mois et demi. On a de l’espoir, et finalement ce n’est pas vrai. Notre vie ne nous appartient plus, ce n’est plus nous qui décidons de vivre ou mourir."

On a entendu les gardiens armer leurs fusils d’assaut et venir nous chercher.- Julien Dittmar, ex-otage en Irak.

"On a entendu les gardiens, derrière la porte, armer leurs fusils d’assaut et venir nous chercher. On nous a attaché les mains dans le dos, bandé les yeux et emmenés derrière le bâtiment. Et là, je me suis dit que c’était terminé et que dans dix ans on découvrirait nos corps. Cela fait partie des tortures psychologiques qu’on a dû subir." Si aucune rançon n'a été réclamée, en France, les services secrets ont discrètement négocié avec les ravisseurs. 

"Quand ils nous ont lâchés à quelques centaines de mètres de l’ambassade de France, qu’on a marché assez rapidement jusqu’à l’ambassade et que j’ai appuyé sur la sonnette, à l’interphone j’ai enfin pu dire : 'Nous venons d’être libérés.' Cela a été beaucoup d’émotion et je m’en souviendrai toute ma vie", explique, très ému, Antoine Brochon. Depuis leur libération, les deux otages se battent pour que la justice française qualifie leur enlèvement de terroriste, et pas comme un simple acte crapuleux.

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En attendant, retourner en Irak leur a été formellement déconseillé par les autorités françaises. Un déchirement pour eux qui voient les Chrétiens menacés sur place continuer à s’exiler : "La situation des Chrétiens en Orient et en Irak, si personne ne fait rien, dans cinquante ans, malheureusement je crois que ce sera un chapitre clos pour l’histoire de l’humanité, l’histoire du christianisme." Pour eux, la visite du pape François en Irak est un geste inespéré, un signal fort envoyé à ces Chrétiens d’Irak qu’ils aimeraient encore pouvoir aider. 

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