Iran : deux morts et des dizaines d'arrestations lors de violentes manifestations contre la hausse du prix de l'essence

Iran : deux morts et des dizaines d'arrestations lors de violentes manifestations contre la hausse du prix de l'essence
International

CHAOS - Un policier et au moins un civil ont été tués depuis vendredi lors de manifestations dans plusieurs villes d’Iran contre la hausse du prix de l’essence.

La situation est explosive en Iran depuis l'annonce de la hausse du prix du carburant le 15 novembre. Une mesure d'austérité soutenue par l'ayatollah Khamenei qui, selon le président Hassan Rohani, doit permettre de redistribuer cet argent aux Iraniens mais qui provoque l'ire d'une frange de la population et a donné lieu ce week-end à des émeutes. 

L’agence officielle Isna avait annoncé ce samedi, sans en préciser la cause, la mort d’un civil à Sirjan dans le sud, où des manifestants ont tenté de mettre le feu à des dépôts d’essence. Plusieurs personnes ont aussi été blessées, selon la même source. Quarante personnes ont par ailleurs été arrêtées à Yazd, toujours selon Isna, qui n’a pas précisé la date de ces arrestations. 

Un lieutenant de police est mort dans la nuit de samedi à dimanche des suites de ses blessures après avoir été la cible de tirs lors de heurts avec des "émeutiers" armés en marge d’un rassemblement à Kermanshah dans l'ouest du pays. 

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Hassan Rohani condamne les émeutes

Ce dimanche, le président iranien a déclaré que l'Etat ne devait "pas autoriser l'insécurité" face aux "émeutes" ayant touché depuis vendredi soir plusieurs villes d'Iran après cette annonce d'une forte hausse. "Manifester son mécontentement est un droit, mais la manifestation est une chose, et l'émeute en est une autre", a indiqué Hassan Rohani lors d'un conseil des ministres, selon un communiqué de la présidence. L'ayatollah Khamenei a de son côté qualifié les manifestants qui protestent violemment contre cette décision de "voyous contre-révolutionnaires et soutenus par l'étranger".

L'Iran traverse en ce moment une sévère crise économique, aggravée de surcroît par les sanctions américaines, et le FMI prévoit une baisse du PIB de 9,5% cette année. Le prix de l’essence, ressource largement subventionnée en Iran, doit augmenter de 50% à 15.000 rials (11 centimes d’euros) pour les 60 premiers litres achetés chaque mois, et de 300% pour les litres suivants. Les autorités iraniennes ont par ailleurs drastiquement "limité" l’accès à internet depuis samedi soir et pour les prochaines 24 heures.

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