Le "plan de paix" de Trump pour le Proche-Orient divise la communauté internationale

Plan de paix : les Palestiniens vent debout contre le projet de Trump
International

VIVES RÉACTIONS - Le "plan de paix" pour le Proche-Orient, présenté par Donald Trump ce mardi, a immédiatement provoqué de nombreuses réactions, aussi bien à l’international que dans la région. Rejeté les Palestiniens et leurs alliés, il est - sans surprise - accueilli avec optimisme par Israël.

Cette "vision" doit permettre de faire "un grand pas vers la paix". Et pourtant, elle semble d'ores et déjà susciter des querelles. Présenté ce mardi 28 janvier à la Maison Blanche, le plan de "paix" au Proche-Orient présenté par Donald Trump fait quelques satisfaits parmi ses alliés. Mais il est surtout accueilli avec beaucoup de prudence à travers le monde. 

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"Bibi" tout sourire

Ce qui est certain, c’est que l'invité d'honneur est satisfait. Tout sourire aux côtés de son "ami", "Bibi" – comme le surnomme Donald Trump – a salué "une journée historique". A la Maison Blanche, le Premier ministre israélien a d'abord tenu à vanter son allié pour son plan et son soutien à Israël, disant que le magnat de l'immobilier était le "plus grand ami" qu'Israël n’ait jamais eu à Washington. C'est donc avec un enthousiasme à peine dissimulé qu'il a lancé : "Monsieur le Président, votre accord du siècle est la chance du siècle." 

Dans les rangs alliés des Etats-Unis, le gouvernement britannique s'est lui aussi dit plutôt optimiste. Qualifiant le plan de "proposition sérieuse" Londres a estimé qu'il pourrait "constituer une avancée positive" dans la région. Les Emirats saluent également cette initiative, considérée comme un "point de départ important" pour des négociations.

Rejet massif de la Palestine et de ses alliés

C'est un tout autre son de cloche du côté palestinien. Pour le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza et premier à réagir dans ce camp, cette vision ne "passera pas". "Nous n'accepterons pas de substitut à Jérusalem comme capitale de l'Etat de Palestine", a ainsi déclaré à l'AFP un haut responsable du mouvement, Khalil al-Hayya. Une prise de position peu surprenante. Avant même les annonces étasuniennes, le chef de ce mouvement islamiste, Ismaïl Haniyeh, avait prévenu que ce plan pourrait conduire les Palestiniens vers une "nouvelle phase" de leur lutte. 

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a lui aussi rejeté ce plan. Qualifiant le plan de "gifle du siècle", en opposition au "plan du siècle" décrit par Benjamin Netanyahou, il a tenu à adresser à ses deux homologues un message. "Je veux dire à Trump et à Netanyahou que Jérusalem n'est pas à vendre", a-t-il fustigé lors d'une conférence de presse à Ramallah, décrivant cet accord comme un "complot" qui finira "dans les poubelles de l'histoire". 

Aucun Palestinien ne peut accepter un Etat Palestinien sans Jérusalem- Mahmoud Abbas, président palestinien

L'Iran, de son côté, évoque une "trahison du siècle". Téhéran juge en effet que ce "plan de paix de la honte imposé par l'Amérique aux Palestiniens" est "voué à l'échec". Une vision comparable à celle du ministère turc des Affaires étrangères, pour qui ce projet est "mort-né" et vise à "tuer une solution à deux Etats". 

La Jordanie, pays voisin à Israël, partage elle aussi déjà clairement sa désapprobation. Le ministre des Affaires étrangères du pays, Ayman Safadi, a soutenu la création "d'un État palestinien indépendant" avec les délimitations fixées  le 4 juin 1967. Et a mis en garde contre les "conséquences dangereuses" de ces décisions, telle que l'annexion de terres palestiniennes. 

Le roi Salmane d'Arabie saoudite a affirmé son soutien "inébranlable" aux droits des Palestiniens lors d'un entretien téléphonique avec le président palestinien Mahmoud Abbas, a rapporté mercredi l'agence d'Etat saoudienne (SPA). Le roi est du côté des Palestiniens et soutient "leurs choix et ce qui représente leurs espoirs et aspirations", a indiqué SPA. Peu avant, le ministère saoudien des Affaires étrangères avait fait état de son "appréciation" pour le plan de paix américain au Moyen Orient.

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Paris veut une solution à deux Etats "en conformité avec le droit international"

La France a insisté ce mercredi sur la nécessité d'une solution à deux Etats respectant le droit international au lendemain de la présentation par le président américain Donald Trump de son plan de paix pour le Moyen-Orient.

Paris "exprime sa conviction que la solution des deux Etats, en conformité avec le droit international et les paramètres internationalement agréés, est nécessaire à l'établissement d'une paix juste et durable au Proche-Orient", a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Prudence est mère de sûreté

L'Egypte voisine a, de son côté, adopté une position prudente, se contentant d'appeler Israéliens et Palestiniens à un examen "attentif" et "approfondi de la vision américaine". Dans un communiqué, le Caire invite à "ouvrir des voies de dialogue, sous les auspices des Etats-Unis". Précaution qu'on retrouve – comme souvent dans ce dossier –  du côté européen. Le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell, s'est contenté d'indiquer que l'instance allait "étudier et évaluer les propositions avancées", tout en réaffirmant son engagement "ferme" en faveur d'"une solution négociée et viable à deux Etats". 

Toujours côté instance internationale, le porte-parole de l'ONU a rappelé à New-York qu'il s'en tenait aux frontières définies en 1967. "La position des Nations unies sur la solution à deux Etats a été définie à travers les ans par des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale auxquelles est tenu le secrétariat", a précisé Stéphane Dujarric dans un communiqué. Une façon de ne pas se mouiller. Et de satisfaire quelque peu le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh. Il avait par avance appelé la communauté internationale à boycotter le projet. 

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