VIDÉO - Gênes : six mois après le drame, un 1er tronçon de 1000 tonnes du pont Morandi détaché

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Effondrement d'un viaduc à Gênes

ITALIE - Le démantèlement du pont dont l'écroulement avait fait 43 morts à Gênes en août a commencé. Un premier tronçon de près de 40 mètres a amorcé samedi sa descente après avoir été découpé et devrait toucher  terre dans l'après-midi.

"C'est un jour important, le premier pas sur un chemin dont nous espérons qu'il sera le plus rapide possible". Casque de pompier sur la tête, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a donné le coup d'envoi ce vendredi d'un processus délicat : celui du démantèlement du pont de Gênes. Un pont dont la chute avait fait 43 morts en août dernier.

Si des milliers de tonnes d'acier, de béton et d'asphalte ont déjà été retirées de la zone où ce viaduc autoroutier s'était en partie effondré, le plus dur reste à faire. Vendredi, quatre puissants vérins positionnés sur le pont grâce à une énorme grue ont ainsi commencé à séparer une portion de la route de 36 mètres de long et 18 mètres de large. Le but ? La déposer à terre, 48 mètres plus bas. Samedi,  ce premier tronçon de 1000 tonnes avait amorcé sa descente et devait toucher terre dans l'après-midi.

Une fois au sol, le tronçon géant doit être utilisé comme contrepoids pour les opérations de démontage des autres portions de route, avant une destruction des piliers à la dynamite.

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"Nous déplaçons quelque chose comme 1.000 tonnes d'une structure qui est en cours de démolition, avec beaucoup d'inconnues", a expliqué le directeur technique du chantier, Vittorio Omini, précisant qu'une soixantaine de personnes s'activaient jour et nuit sur le chantier pour respecter les délais. Le démantèlement complet du pont devrait durer au moins six mois, a prévenu le secrétaire d'Etat aux Transports, Edoardo Rizi. L'opération est d'autant plus délicate que ce pont suspendu chevauche en partie des habitations - les immeubles sous le pont sont cependant condamnés - et une voie ferrée. 

L'opération de vendredi, encore symbolique à l'égard à la taille de ce viaduc long de plus d'un kilomètre, permettra à la ville portuaire de Gênes d'entrevoir la perspective d'un retour à la normale. Cela passe par un nouveau pont : c'est un autre architecte italien, Renzo Piano, natif de Gênes, qui aura la charge de reconstruire le viaduc. Résolument différent du pont Morandi, le "pont Piano", en acier et béton, aura "quelque chose d'un bateau, parce que c'est quelque chose de Gênes", avait expliqué son concepteur en décembre. Il comptera 43 lampadaires, en mémoire des 43 personnes qui ont péri dans l'accident. La construction du pont, d'un coût estimé à 202 millions d'euros, sera menée par un groupement d'entreprises comprenant Sailini-Impregilo, Fincantieri et ItalFerr.

Renzo Piano, 82 ans, auteur entre autres du Centre Pompidou et du nouveau palais de justice à Paris et de la tour The Shard à Londres, a accepté de s'occuper de ce projet gratuitement, "comme une forme de donation à la ville de Gênes". Ce nouveau viaduc devrait être ouvert à la circulation en avril 2020, a promis M. Rixi, soulignant que de fortes pénalités étaient prévues dans le contrat en cas de dépassement des délais.

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