VIDÉO - L'espionne russe Elena Vavilova raconte ses 20 ans passés incognito aux Etats-Unis

Pendant près de 25 ans, elle a réussi à se faire passer pour une Américaine, et à dissimuler son identité d'espionne jusqu'à ses propres enfants. TF1 a rencontré à Moscou Elena Vavilova, qui raconte son histoire dans un roman à clé.

INTERVIEW - Pendant près de 25 ans, elle a réussi à se faire passer pour une Américaine, et à dissimuler son identité d'espionne jusqu'à ses propres enfants. TF1 a rencontré à Moscou Elena Vavilova, qui raconte son histoire dans un roman à clé.

Pendant plus de 20 ans, Elena Vavilova et Andreï Bezroukov ont été Tracey Foley et Donald Heathfield. Des Américano-Canadiens passionnés de culture française, officiellement agent immobilier et consultant. Mais en 2010, le FBI a découvert leur secret, et renvoyé à Moscou ces deux espions russes officiant pour le KGB. Une histoire qui a inspiré une série à succès, sortie en 2013, The Americans, et qu'Elena Vavilova a raconté elle-même dans un roman à clé intitulé La femme qui savait garder des secrets.

Elena Vavilova et Andreï Bezroukov se sont rencontrés à l’université de Tomsk, en Sibérie, dans les années 1980. Ils sont repérés séparément par les services secrets russes, ravis d’apprendre qu’ils sont en couple. Ils acceptent tous les deux de suivre une formation à Moscou, où ils apprennent le français et l’anglais, suivent des cours de karaté, et construisent leur "légende". "Il fallait que tout le monde croie à notre histoire", a-t-elle expliqué à Axel Monnier, reporter pour TF1 qui l’a rencontrée à Moscou.

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Un second mariage au Canada

Ainsi, lorsqu’ils sont envoyés au Canada à la fin des années 1980, les deux Russes déjà mariés doivent mettre en scène une nouvelle rencontre, qui aboutira à un nouveau mariage. Cette union permet également de sceller leurs nouvelles identités, empruntées à deux enfants Canadiens décédés. Et de continuer à écrire leur "légende". "J’étais une jeune fille de Montréal, qui allait à l’école et avait une maison", avance simplement Elena Vavilova.

Au début des années 1990, le couple s’installe aux Etats-Unis. Selon l’ancienne espionne, leur travail consiste alors à "chercher des informations utiles à notre gouvernement, faire des rencontres, développer des relations avec des gens bien placés". Et se fondre dans la masse, sans jamais éveiller les soupçons. "James Bond c’est une image qui marche bien au cinéma, mais c’est totalement exagéré. Il faut avancer pas à pas. Construire une relation ça peut prendre des mois et des mois. Ce métier était parfois très ennuyeux, car des mois s’écoulaient sans qu’il ne se passe rien", raconte-t-elle.

Le couple est arrêté en 2010 par le FBI, lors d’une opération baptisée "Ghost Stories". Avec une dizaine d’autres agents russes, Elena et Andreï sont échangés contre quatre Russes accusés d’espionnage pour la CIA. "Quand j’ai compris que j’avais été trahie (par Alexandre Poteev, chargée des opérations clandestines en Amérique du Nord pour le KGB, ndlr) ça a été un soulagement, ce n’était pas de notre faute". Mais en plus de signer leur retour brutal en Russie, cette arrestation signe l’heure de vérité pour leurs deux fils, Alex et Tim.

Ses enfants ont "compris, accepté, pardonné"

Agés de 16 et 20 ans au moment des faits, ces deux derniers n’avaient jamais été mis au courant du lourd secret de leurs parents. "Leur mentir a été très difficile, mais le travail était plus important", répond Elena, qui ne souhaite pas s’étendre sur le sujet, précisant tout de même qu’aujourd’hui ses enfants ont "compris, accepté, pardonné".

Aujourd’hui, Elena Vavilova et Andreï Bezroukov sont toujours ensemble, et vivent à Moscou. A leur retour, le FSB (ex-KGB) leur a trouvé deux bons postes : lui est professeur de relations internationales à l’université de Moscou, elle cadre dans un grand groupe privé où elle peut mettre à profit son anglais. Elle dit ne nourrir aucuns regrets sur sa vie d’espionne. "Je cherchais quelque chose de romantique, pour aider mon pays." "Nous avons fait notre part d’un travail invisible mais très important : prévenir les agressions contre notre pays, maintenir la paix. (…) Nous voulions donner du sens à notre vie. Nous étions de petits soldats qui suivions les ordres", explique celle qui écrit déjà une suite à son premier ouvrage. 

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