Le lac Victoria menacé par la surpêche et la pollution

Le lac Victoria menacé par la surpêche et la pollution

AFRIQUE – Depuis une vingtaine d’années, les ressources du lac Victoria s’épuisent. Pollution, surpêche ou encore plantes invasives, le poumon de l’Afrique de l’Est est en danger.

En Afrique de l’Est, le lac Victoria est victime de pollution, de surpêche et de plantes invasives. Selon un rapport publié le 30 avril 2018 par l’Union internationale pour la conservation de la nature, 76% des espèces d’eau douce sont menacées dans ce point d’eau. Un énorme problème sachant que 50 millions d’habitants se nourrissent majoritairement de poissons du lac et un grand nombre d’entre eux vivent de la pêche. 

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"Avant, je pouvais pêcher 30 ou 35 poissons par jour mais maintenant il m’arrive de rentrer bredouille ou d’en rapporter juste un ou deux", témoigne un pêcheur dans le reportage en tête de cet article. "Je suis pêcheur et je ne sais rien faire d’autre donc le lac est très important pour moi. Ça crée aussi des emplois dans la communauté car il faut approvisionner en permanence toutes les petites îles du lac avec les bateaux', poursuit un autre. Le développement de la pêche industrielle et l’explosion démographique sont mis en cause. La population des bords du lac a été multipliée par quatre en 50 ans. 

Des plantes invasives qui asphyxient le lac

Reste que la disparition des poissons n’est pas le seul problème. Des jacinthes d’eau, plantes très invasives, envahissent également le lac et l’asphyxient. "La surface double tous les dix jours", explique Sam Ward, champion de kayak qui s’est installé en Ouganda. Avant la crise sanitaire, ce kayakiste emmenait les touristes sur le lac mais depuis, avec l’aide des habitants, il s’est reconverti en arracheur de jacinthes d’eau. "Ça se retire très facilement donc ce n’est pas difficile à récolter", affirme un employé de Sam. 

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La plante invasive est alors valorisée et représente une matière première gratuite et utile pour les habitants du lac. Après avoir séché les jacinthes d’eau pendant quelques jours, les plantes sont transformées en charbon, un produit de très grande consommation en Ouganda. "La carbonisation dure entre 40 et 45 minutes", précise l’employé de Sam. Pendant le confinement, ils ont pu améliorer la recette et trouver des clients. "On les vend localement, on a un restaurant partenaire qui en achète pour remplacer le charbon de bois", révèle David Egessa, guide touristique Kayak the Nile. 

D’autres habitants ont décidé de s’occuper de la pollution plastique du lac. Ils se réunissent quotidiennement pour ramasser les déchets et les recycler. Tous ont pour but de préserver le lac, poumon économique et écologique de l’Afrique de l’Est.    

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