Le cyclone Tauktae menace l'Inde, déjà asphyxiée par le Covid-19

Le cyclone Tauktae menace l'Inde, déjà asphyxiée par le Covid-19

ALERTE - Le cyclone Tauktae s'apprête à frapper l'Inde ce lundi. La force exceptionnelle de cette tempête risque de compliquer davantage encore la lutte contre l'épidémie de Covid-19 qui ravage le pays.

Série noire pour l'Inde : déjà en apnée à cause de la crise sanitaire, le pays se prépare au passage ce lundi du cyclone Tauktae. Cette "tempête cyclonique extrêmement sévère" devrait toucher terre entre 20h et 23h heures locales (14h30 et 17h30 GMT), a prévenu le département météorologique indien. Selon lui, elle sera accompagnée de vents très violents et potentiellement destructeurs, de 155 à 165 kilomètres/heure avec des rafales pouvant atteindre 185 km/heure. 

Selon les médias indiens, il s'agirait de la plus grosse tempête à frapper l'Ouest du pays depuis 30 ans. Ce week-end, au moins six personnes sont mortes en raison de pluies et de vents torrentiels lorsque le cyclone a traversé la mer d'Oman avec l'État du Gujarat en ligne de mire. 

Tauktae s'apprête à frapper à l'heure où l'Inde affronte une deuxième vague épidémique foudroyante qui fait chaque jour plus de 4000 morts. Le système de santé est exsangue, entre hôpitaux sont saturés et manque d'oxygène et de médicaments. Le pays, qui compte 1,3 milliard d'habitants, a recensé près de 280.000 nouveaux cas de Covid au cours des dernières 24 heures, portant le bilan total depuis le début de la pandémie à près de 25 millions de cas, un chiffre qui a doublé depuis le 1er avril, avec plus de 250.000 décès.

Bombay, capitale de l'État du Maharashtra, est déjà inondée. Les autorités ont fermé lundi l'aéroport pendant plusieurs heures et demandé à la population de rester à l'abri après avoir dû, dimanche, évacuer 580 malades du Covid "vers des lieux plus sûrs" depuis trois hôpitaux de campagne.

Évacuations de masse et vaccination suspendue

Dans l'État du Gujarat, plus de 100.000 personnes ont été évacuées durant la nuit de dimanche à lundi et tous les malades du Covid-19 soignés dans les hôpitaux situés à cinq kilomètres de la côte ont également été déplacés. 

L'enjeu pour les autorités de cette région : éviter toute coupure d'électricité dans les quelque 400 hôpitaux et 41 usines d'oxygène des douze districts côtiers où le cyclone devrait frapper le plus fort. "Pour être certains que les hôpitaux traitant le Covid ne sont pas confrontés à des coupures de courant, 1383 générateurs ont été installés", a déclaré un haut fonctionnaire local, Pankaj Kumar. 

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Trente-cinq "couloirs verts" ont également été aménagés pour permettre l'approvisionnement en oxygène des hôpitaux, a-t-il ajouté. Dans les abris pour les personnes évacuées, les protocoles sanitaires contre le virus seront respectés, notamment par le port de masques, la distanciation physique et l'utilisation de désinfectants, ont précisé les responsables.

Le Gujarat, qui a officiellement enregistré 9000 décès dus au virus - un bilan probablement sous-évalué comme partout dans le pays, selon les experts - a également suspendu la campagne de vaccination pendant deux jours. Bombay a fait de même pour une journée. 

Secouristes sur le pied de guerre

Des milliers de secouristes ont été mobilisés pour affronter la première grosse tempête tropicale de la saison. Des unités des garde-côtes, de la marine, de l'armée de terre et de l'armée de l'air viendront également en renfort : elles ont été placées en état d'alerte, a déclaré le ministre de l'Intérieur, Amit Shah, dans un communiqué.   

On compte déjà de premières victimes de cette tempête. Quatre personnes ont péri samedi à cause des pluies diluviennes et des vents violents frappant l'État du Karnataka, d'après l'agence de gestion des situations d'urgence. Deux personnes sont également mortes dans l'État touristique de Goa, a indiqué dimanche le chef du gouvernement local Pramod Sawant. 

Selon des médias locaux, deux autres personnes ont perdu la vie et 23 pêcheurs sont portés disparus dans l'État voisin de Kerala. Des dégâts matériels sont également à déplorer dans cette région notamment, comme le montrent ces images (voir ci-dessous) de la journaliste indienne Nikhila Henry. 

En mai 2020, également durant la pandémie de Covid-19, plus de 110 personnes avaient péri lors du passage du puissant cyclone Amphan qui avait ravagé l'est de l'Inde et le Bangladesh.

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