VIDÉO - "Mon Dieu, qu'avons-nous fait ?" : le jour où les Etats-Unis ont lâché le feu nucléaire sur Hiroshima

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SECONDE GUERRE MONDIALE – Trois mois après la capitulation de l'Allemagne nazie, les Etats-Unis larguent leur première bombe atomique au-dessus du Japon. Récit d'une journée qui, il y a 70 ans jour pour jour, a changé le visage du monde.

6 août 1945. Il est 8 heures 15 quand un bombardier américain, l'Enola Gay, largue au-dessus de Hiroshima la première bombe atomique de l'histoire. En l'espace de quelques secondes, la ville est rasée, tandis que 75.000 personnes sont tuées dans l'explosion. Cette attaque, et celle contre Nagasaki trois jours plus tard, est largement considérée comme ayant mis fin à la Seconde Guerre mondiale, en poussant les Japonais à capituler après avoir constaté l'effroyable puissance de la nouvelle arme.

Un projet de longue haleine

Pour les Etats-Unis, ce bombardement est l'aboutissement de trois ans de travaux au sein du "Projet Manhattan", lancé en 1942 par le président Roosevelt, quelques mois seulement après l'entrée en guerre de Washington. Un chantier titanesque, qui coûtera un total de deux milliards de dollars de l'époque (plus de 26 milliards de dollars d'aujourd'hui) et emploiera jusqu'à 150.000 personnes. Le 16 juillet 1945, trois ans après le début des travaux, le premier essai d'une arme nucléaire est effectué dans le désert du Nouveau-Mexique. Le résultat est terrifiant : la bombe laisse un cratère de 76 mètres de diamètre, l'onde de choc se propage sur 160 kilomètres et le bruit de l'explosion s'entend jusqu'au Texas voisin.

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Harry Truman, qui vient de remplacer Franklin Roosevelt a la tête des Etats-Unis, envisage alors de s'en servir sur le front Pacifique où, malgré la défaite de l'Allemagne nazie, le Japon refuse de rendre les armes. Se pose alors une question : où attaquer ? Plusieurs pistes sont étudiées, parmi lesquelles Kyoto, ville impériale historique, Hiroshima, centre stratégique pour la défense du sud du Japon, l'arsenal militaire de Kokura ou encore Nagasaki, l'un des grands ports industriels du pays, où se trouvaient des chantiers navals, des usines de fabrication de munitions, etc.

Une ville rasée en quelques instants

La décision finale de bombarder le Japon intervient le 25 juillet, lors de la conférence de Potsdam, où les émissaires du Japon refusent de céder à l'ultimatum des Alliés. Le 6 août, à 2h45, l'Enola Gay décolle. A son bord, "Little Boy", quatre mètres de long, 76 centimètres de diamètre, contenant 64 kilos d'uranium. 5 heures 30 plus tard, alors qu'il passe au-dessus de Hiroshima, le B29 largue sa terrifiante cargaison avant de faire demi-tour. Moins d'une minute plus tard, la bombe explose. Une énorme boule de feu de plusieurs centaines de mètres de diamètre apparaît dans le ciel, tandis que la température au sol atteint plusieurs milliers de degrés. C'est toute une ville qui a été rasée : 75.000 personnes sont mortes et seuls quelques bâtiments en ruine, qui n'ont pas été soufflés, témoignent encore de la présence humaine. "Mon Dieu, qu'avons-nous fait ?", s'exclame le copilote du bombardier, Bob Lewis, en découvrant l'ampleur de l'explosion.

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Trois jours plus tard, une seconde bombe, "Fat Boy", chargée de plutonium cette fois, sera lâchée au-dessus de la ville de Nagasaki , brisant définitivement la volonté de se battre du Japon. Le bilan humain est sans précédent : ensemble, les deux explosions ont causé la mort de plus de 200.000 personnes, à la fois directement et des suites des retombées radioactives.

Un bombardement nécessaire ?

Aujourd'hui, la question de la nécessité de ces bombardements est remise en question. La thèse officielle veut que l'armée japonaise, totalement fanatisée, ait rendu toute tentative d'assaut terrestre de la part des alliés beaucoup trop coûteuse en vies humaines. Mais plusieurs historiens estiment que le pays était en fait proche d'accepter la fin du conflit . Ils pointent entre autres un message du ministère des Affaires étrangères japonais, décrypté fin juillet 1945 par le renseignement américain, qui assurait que Tokyo envisageait de céder à l'ultimatum. D'autant que la Russie s'apprêtait à déclarer à son tour la guerre au Japon, le 8 août, ce qui aurait peut-être précipité la fin de la guerre. Sans uranium, ni plutonium.

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