VIDÉO - Amitié franco-allemande, réunification de l'Allemagne, lancement de Merkel : ce que l'Histoire retiendra d'Helmut Kohl

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GÉANT DU XXe - Décédé ce vendredi à l'âge de 87 ans, l'ancien chancelier allemand restera dans l'histoire mondiale comme le père de l'Allemagne réunifiée, l'imposant en quelques mois aux grandes puissances et la plaçant au cœur du projet européen. Sa photo avec Mitterrand en 1984 à Verdun restera aussi comme le symbole de la nouvelle amitié franco-allemande.

Malade et affaibli depuis plusieurs années, Helmut Kohl s'est éteint ce vendredi dans sa maison de Ludwigshafen, écrit le journal Bild, très proche de celui qui détient le record de longévité à la chancellerie allemande (1982-1998) depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.


Figure marquante de la scène politique européenne de l'après-Guerre, ce géant de 1m93 et au poids classé "secret d'Etat", qui raffolait de la panse d'estomac de porc farcie de son Palatinat natal, restera dans les mémoires comme l'homme de la réunification allemande, en 1990. 

Le moteur franco-allemand, au centre de ses préoccupations

Helmut Kohl a contribué, avec le président français de l'époque François Mitterrand, à ancrer l'amitié franco-allemande dans l'Europe. Comme notammemnt lors du Centenaire de Verdun, lors d'une photo mythique main dans la main.  L'image des deux dirigeants scellant à Douaumont dans le Meuse en 1984 l'amitié franco-allemande, sur la terre qui vit jadis leurs deux nations s'affronter, est entrée dans l'histoire. La construction européenne et le moteur franco-allemand comptaient d'autant plus pour Helmut Kohl qu'il était né dans une Rhénanie meurtrie par les combats entre les deux pays.

"Nous n'en avions pas parlé le moins du monde. Mais, nous trouvant debout devant le cercueil ( ), instinctivement, je me souviens, je me suis tourné vers lui, je lui ai tendu la main. Sa main est venue en même temps"François Mitterrand dans une interview en 1992

La chute du Mur de Berlin et la réunification allemande

Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin s'effondre subitement et le chancelier conservateur, alors contesté dans son propre parti (CDU), endosse, pour reprendre ses propres termes, "le manteau de l'Histoire". Et il va vite. 


Ce catholique pratiquant surprend en proposant dès le 28 novembre un plan en 10 points devant conduire à la réunification allemande. Dans les mois qui suivent cet automne 1989 et la chute des régimes communistes européens, il parvient, en usant à la fois de sa bonhomie et de fermeté, à obtenir du dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev qu'il retire d'Allemagne de l'Est l'Armée soviétique. Il convainc aussi ses alliés américain, français et britannique, inquiets à la perspective d'avoir de nouveau une grande Allemagne au coeur du continent. Cette ambition se réalise le 3 octobre 1990 : l'Allemagne est de nouveau une.


"Helmut la poire", son surnom moqueur tiré de sa silhouette, s'impose alors comme "l'un des plus grands leaders de l'Europe d'après-guerre", résume George Bush père, alors président des Etats-Unis.

Il a lancé l'ascension politique de Angela Merkel

Helmut Kohl est aussi celui qui a lancé l'ascension politique d'Angela Merkel, en lui confiant le poste de ministre des Femmes et de la Jeunesse en 1991. L'actuelle chancelière n'était alors âgée que de 36 ans. Elle avait ensuite pris ses distances avec lui lors de l'affaire dite des "caisses noires" de la CDU (démocratie-chrétienne, droite), fin 1999. Ce qu'il ne lui avait pas pardonné. 


Plus récemment, en avril 2016, Kohl avait dénoncé la politique d'accueil de Merkel qui a permis l'arrivée de 1,1 million de migrants en 2015. Il reçut aussi Viktor Orban, Premier ministre hongrois et farouche détracteur de la chancelière.

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