Négociations sur le Brexit : pourquoi l'Europe ne lâche-t-elle pas l'affaire face à Johnson ?

Négociations sur le Brexit : pourquoi l'Europe ne lâche-t-elle pas l'affaire face à Johnson ?
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ANALYSE - Alors que les négociations sur le Brexit sont toujours au point mort, Boris Johnson, le Premier ministre britannique, brandit la menace du "no deal". Mais l'Europe ne lâche pas l'affaire. François Lenglet, spécialiste économie de TF1, nous explique pourquoi.

 A l'orée de la reprise de leurs négociations commerciales post-Brexit, le ton est encore monté dimanche entre le Royaume-Uni et les membres de l'Union européenne. Malgré la menace de Boris Johnson, le Premier ministre britannique, de passer en force sans accord, l'Europe n'a pas l'intention de se laisser faire et de céder devant la pression exercée par Londres.

Pourquoi ? Tout simplement car l'UE cherche à défendre ses intérêts, explique François Lenglet, le spécialiste économie de TF1. Un nouveau traité permettrait notamment aux Européens de continuer à exporter au Royaume-Uni. Pour rappel, 8% de nos ventes à l'étranger traversent la Manche, alors que 47% des exportations britanniques arrivent sur le continent. L'Europe veut donc un nouveau traité. Mais pas à n'importe quel prix. Il nous faut avant nous assurer que le Royaume-Uni ne va pas devenir le porte-avions de la Chine pour inonder le marché unique de ses produits et faire une concurrence déloyale. C'est un point dur dans les négociations, il y a des centaines de milliers d'emplois en jeu.

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Autre enjeu : la liberté d'exploiter les eaux britanniques pour les pêcheurs français, qui y réalisent 25% de leurs prises, comme cinq autres pays européens. Enfin, Bruxelles veut que Londres règle les dizaines de milliards que le royaume de Sa Majesté doit au budget européen. Même quand on divorce, on partage l'addition... 

Boris Johnson, le Premier ministre britannique, a également de bonnes raisons de conclure un tel accord. S'il ne le fait pas, l'Ecosse pourrait en effet faire sécession et rejoindre l'Europe. Une catastrophe pour lui. Mais la tentation de l'isolement et la passion souverainiste sont aussi puissantes dans son pays. "L'Angleterre est une île, la France, le cap d'un continent", disait le général de Gaulle. C'est vrai plus que jamais, rappelle François Lenglet.

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