VIDÉO - Fukushima : neuf ans après la catastrophe, la décontamination loin d’être finie

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Le 20h

NUCLÉAIRE - Depuis 2011 et la catastrophe de la centrale de Fukushima au Japon, des milliers d’ingénieurs et d’ouvriers tentent de décontaminer le site. Le chantier est immense et il faudra encore des années avant d’éliminer toute radioactivité.

Mercredi 11 mars, comme chaque année à cette date, le Japon a observé une minute de silence à 14h46, l’heure exacte où, en 2011, un terrible séisme sous-marin de magnitude 9,0 a secoué l'archipel, avant qu'un gigantesque raz-de-marée ne s'abatte sur les côtes nord-est du pays. Le tsunami a entraîné la plus grave catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl en avril 1986 en URSS : l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima a forcé 160.000 personnes à fuir la région, face aux radiations. Plus de 40.000 d’entre elles n’ont toujours pas retrouvé leur foyer.

Depuis neuf ans, des milliers d’ingénieurs et d’ouvriers œuvrent à démanteler et décontaminer le site. Le chantier est immense : l’usine a beau être à l’arrêt, 4.000 ouvriers y travaillent chaque jour. Combinaison, chaussettes, gants, test de radioactivité à l’entrée et à la sortie… Toutes les précautions sont prises sur ce site à risque.

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Les accidents de travail sont malgré tout fréquents, des fractures aux arrêts cardiaques. Sur un mur, un panneau d’affichage tient le compte des jours sans incidents : "Notre record, c’est 101 jours. Nous en sommes actuellement à 27", indique Kenji Abe, responsable de la communication de la centrale. Tepco, l’entreprise qui contrôle la centrale, assure cependant qu’aucun incident n’est dû à la radioactivité. 

Magma hyper-radioactif

Cette radioactivité est au centre de toutes les préoccupations. Neuf ans après la catastrophe, un magma hyper-radioactif, le corium, se trouve toujours derrière les murs des réacteurs. Des dizaines, peut-être des centaines de tonnes de ce produit hyper-toxique qui tuerait n’importe quel humain qui s’en approcherait. Seuls des robots essayent d’estimer la quantité de corium. Un jour, il faudra l’extraire, mais Tepco en est encore loin.

En attendant, il faut le refroidir. En permanence, Tepco arrose ce magma, d’une eau qui devient ensuite radioactive et qu’il faut repomper et stocker dans des citernes. Au total, un milliard de mètres cubes d’eau contaminée sont déjà stockés, et l’entreprise commence à manquer à la fois de citernes et de place. 

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Que faire de l'eau contaminée ?

Que faire de l’eau radioactive de Fukushima ? Tant qu’il y aura du combustible à refroidir à l’intérieur des réacteurs, il y aura de l’eau contaminée. Le travail semble interminable : la décontamination devrait prendre encore 30 voire 40 ans, selon les estimations.

Avant cette échéance, le Japon compte se débarrasser en 2022 de l’eau contaminée, en la vidant dans l’océan, au grand dam des pêcheurs et des pays voisins. Tokyo a toutefois le soutien de l’Agence internationale de l’énergie atomique : celle-ci affirme qu’en sept ans, la radioactivité sera diluée dans l’océan.

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