VIDÉO - Ni leçons, ni devoirs mais une vie au grand air : on a visité l'école la plus radicale au monde

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REPORTAGE - L'établissement scolaire le plus alternatif du monde se trouve en Nouvelle-Zélande. Notre équipe a pu avoir un aperçu d'une journée dans cette école unique en son genre, résolument tournée vers l'environnement.

Douze millions d'élèves effectuent ce lundi leur rentrée. Mais de plus en plus de parents font aussi le choix d'écoles alternatives. Ainsi, en France, 74.000 enfants sont accueillis dans 1 300 établissements de ce type. De plus, il s'en créerait une centaine par an. La particularité de ces établissements d'éducation alternative réside dans leurs pédagogies plus ou moins en rupture avec le système traditionnel. La plus radicale d'entre elles se trouve sans doute en Nouvelle-Zélande : nous nous sommes rendus sur place pour tenter d’en savoir plus. 

L'après-midi dans la nature

L’école ? Une cabane, une tente et une yourte au milieu de la forêt, à 50 minutes de route d’Auckland. Ici, on apprend tout, sauf à lire et à écrire. Ici, on apprend à vivre au milieu de la nature. Tous les matins, le directeur de l’école, qui est venu chercher ses élèves en voiture, les rassemble – ils sont 14, âgés de 6 à 14 ans – pour déminer les conflits de la veille. Une priorité pour ce directeur, dans un pays où le harcèlement scolaire atteint des records. Sur des feuilles, les élèves ont écrit "leurs plaintes". "Il m’a traité de gros", "elle m’a dit que j’étais moche". A chaque fois, un élève est désigné comme médiateur. C’est lui qui doit déterminer la sanction, en accord avec le directeur. Bien souvent, la punition consiste à faire du nettoyage.

"Découvrir qui on est, savoir se comporter avec les autres, ce sont les fondations pour tout apprentissage"Joey, directeur d'école

La suite de la journée se passe intégralement dehors. Même quand il pleut. Dans cette école privée reconnue par l’Etat, il n’y a ni leçons, ni devoirs. Une fois dehors, l’élève fait ce qu’il veut : il peut participer à des activités, tir à l’arc par exemple, ou non. Il peut méditer, jouer de la guitare, partir à l'aventure dans la rivière. Si l’envie d’écrire ou de lire lui vient, un responsable vient l’y aider, sans jamais le forcer. "Découvrir qui on est, savoir se comporter avec les autres, ce sont les fondations pour tout apprentissage", nous explique le directeur de l’établissement. 


Ici, on apprend aussi à se nourrir à partir de ce que la nature a à offrir. Au menu ce midi-là : des insectes et des petits cafards, trouvés sous des souches d’arbre. Préparer nos enfants aux problématiques environnementales de demain : c’est aussi l’enjeu de cette école, créé il y a deux ans. Et le plus étonnant, comme nous avons pu le constater, c’est que les élèves en redemandent : lors de ce déjeuner, ils sont nombreux à se resservir des insectes. 

Se désintoxiquer des écrans

Joey, le fondateur, a tenté de faire passer ses idées dans le système scolaire traditionnel, lui qui y a enseigné pendant cinq ans. En vain. "Il s’agit de penser au monde qu’on va laisser à la nouvelle génération", nous explique-t-il. "Si on veut des élèves qui soient capables de penser et de vivre de façon saine, cela ne viendra pas des écoles traditionnelles".


Et son initiative ne séduit pas que les locaux : des familles viennent exprès s’installer dans la région pour que leur progéniture puisse aller dans cette école d’un nouveau genre. "Pour les premières années de scolarité, c’est une bonne école pour les enfants", nous explique un père, qui souhaitait notamment désintoxiquer son enfant des écrans. Mais à un certain moment, le système traditionnel sera nécessaire", poursuit-il, réaliste. Joey, pour sa part, poursuit sa route : il envisage de créer trois autres écoles de ce type dans le pays. 

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