VIDÉO - Des détenus assis nus sur le béton : l'autre visage de la prison de Cebu, célèbre pour ses chorégraphies de Michael Jackson

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DÉRAPAGE - Connue depuis 2007 pour ses vidéos de danse sur YouTube, la prison de Cebu aux Philippines a été le théâtre d'une fouille géante mardi matin. Les photos des détenus nus dans la cour ont indigné les défenseurs des droits de l'Homme.

Des prisonniers nus à la vue de tous, assis en rangs d'oignon. Des images à mille lieues des vidéos de chorégraphies de prisonniers au son des tubes de Michael Jackson, qui ont fait la renommée mondiale de Cebu. 


Mardi, avant l'aube, les détenus de l'établissement pénitentiaire des Philippines ont été réveillés et conduits jusqu'à la cour de la prison. Là, encadrés par hommes armés et sous la lumière des projecteurs, ils ont été forcés à se déshabiller, tandis que des agents de la brigade des stupéfiants, des policiers et des militaires procédaient à la fouille de l'ensemble des cellules du bâtiment, situé au coeur de l'archipel. 


Des photos rendues publiques par l'Agence philippine de lutte contre la drogue et la police provinciale, montrant les prisonniers assis nus, ont suscité l'indignation de plusieurs ONG, dénonçant des abus des droits de l'Homme.

Cruels, inhumains et dégradantsAmnesty International

Cette opération d'envergure, qui entre dans le cadre de la guerre meurtrière contre la drogue lancée par le président Rodrigo Duterte, a permis aux autorités de collecter "plusieurs paquets" de méthamphétamine et de feuilles de marijuana. Des couteaux et des téléphones portables ont également été saisis lors de la fouille.


Interpellés par ces pratiques, les défenseurs des droits de l'Homme ont exprimé leurs inquiètudes. Amnesty International a qualifié cette fouille de "traitements cruels, inhumains et dégradants", tandis qu'Human Rights Watch a évoqué un "viol du droit des prisonniers à l'intimité", rappelant que les opérations intimidantes ou violant les droits des détenus sont contraires aux normes internationales.

Une procédure opérationnelle normaleLes autorités locales

Des accusations réfutées par le porte-parole du gouvernement provincial, Jethro Bacolod. Pour lui, il s'agissait d'une "procédure opérationnelle normale", destinée à rechercher des produits de contrebande. Il a d'ailleurs annoncé le licenciement du directeur de la prison, après cette fouille qui a permis de trouver des produits illégaux. 


Cela confirme toutefois que Rodrigo Duterte, le controversé président philippin, est prêt à tout pour éradiquer le trafic de drogue dans son pays. Même à passer, s'il le faut, outre la déclaration des droits de l'Homme.

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