VIDÉO - Plastique, acide citrique, pétrole... Catastrophe environnementale au Sri Lanka après l'incendie d'un porte-conteneurs

VIDÉO - Plastique, acide citrique, pétrole... Catastrophe environnementale au Sri Lanka après l'incendie d'un porte-conteneurs

POLLUTION - Depuis neuf jours, un porte-conteneurs en feu au large de Colombo a provoqué une immense pollution au plastique et menace de déverser 300 tonnes de fioul, 50 tonnes de gazole et des tonnes d'acide dans l'Océan Indien. Les conséquences écologiques sont déjà catastrophiques.

Depuis neuf jours, le MV X-Press Pearl, un porte-conteneurs panaméen long de 200 mètres, brûle au large de Colombo, la capitale économique du Sri Lanka. En provenance de l'Inde et en direction de Singapour, ce cargo transporte des produits toxiques et hautement polluants notamment, 25 tonnes d’acide citrique, près de 300 tonnes de fioul et 50 tonnes de gazole marin.

 Si les 25 membres de l'équipage ont pu être évacués sains et saufs, le feu semble, lui, inarrêtable. Des hélicoptères de l'Armée de l'air sri-lankaise ont largué au-dessus du navire quelque 425 kilos de produits chimiques ignifuges ce mercredi et trois bateaux indiens sont venus en renfort pour tenter d'éteindre l'incendie. En vain. Les produits toxiques et fortement inflammables mêlés aux vents violents de la mousson ravivent sans arrêt le brasier. En proie aux flammes, le navire menace de se briser et de provoquer une catastrophe environnementale en déversant des centaines de tonnes de fioul dans l'Océan indien.

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Des tonnes de plastique sur les plages

Mais, alors qu'une opération internationale est en cours pour tenter d'éviter cette marée noire, les plages proches croulent déjà sous une autre pollution : des millions de granulés plastiques provenant de la cargaison du navire. Selon les autorités, le navire transportait notamment 28 conteneurs pleins de ces granulés de polyéthylène, destinés à l'industrie de l'emballage, dont huit sont tombés à l'eau.

Et nettoyer les plages polluées par ces tonnes de granulés mélangés à du pétrole brûlé et autres débris rejetés par la mer en provenance du navire est un travail de titan, auquel la marine sri-lankaise s'attelle depuis plusieurs jours à grand renfort de personnel et de pelleteuses.

"Cette histoire, c'est comme le coronavirus. On n'en voit pas la fin. Hier, nous avons enlevé tout le plastique de cette plage. Avec ce que les vagues ont déposé pendant la nuit, il n'y a plus qu'à recommencer", a raconté à l'AFP Manjula Dulanjala, l'un des matelots chargés du nettoyage, qui opèrent dans une couche de plastique et de débris atteignant à certains endroits 60 cm de haut. "C'est probablement la pollution de plages la plus importante dans notre histoire", a déclaré Dharshani Lahandapura, présidente de l'Autorité de protection de l'environnement marin.

La pêche interdite dans un rayon de 80 km

Une situation catastrophique qui pourrait avoir de graves conséquences à long terme sur l'environnement marin. Les experts craignent que les microplastiques ne polluent l'environnement marin pour des années, comme l'explique le Docteur K. Arulananthan, scientifique en chef à l'agence nationale pour la recherche et le développement aquatique, "l'impact de cette pollution chimique à proximité de la côte a des répercussions sur l'acidité et la température de l'eau, ce qui a pour conséquences d'altérer la biodiversité et de faire disparaître les planctons."

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En attendant la maîtrise de l'incendie, les autorités ont interdit la pêche dans une zone de 80 km de long autour du bateau. La région de pêche, située à 40 kilomètres au nord de Colombo, Negombo, est menacée par une potentielle marée noire et sa plage, haut lieu du tourisme du pays, est désormais interdite au public. 

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