VIDÉO - Opération de nettoyage sur les côtes israéliennes et libanaises après une marée noire massive

VIDÉO - Opération de nettoyage sur les côtes israéliennes et libanaises après une marée noire massive

CATASTROPHE - Des tonnes de mazout se sont déversées sur 170 kilomètres de plages israéliennes et libanaises, une pollution totalement inédite dans cette zone. Les dégâts écologiques sont considérables et l’enquête pour identifier le navire s'annonce complexe.

C’est à la suite d’une forte tempête que les premières nappes de pétrole ont souillé les plages. Du sud du pays, à Ashkélon près de Gaza, jusqu’au nord à Rosh Hanikra à la frontière du Liban, la marée noire s’est répandue. Ignorant les frontières politiques, elle a avancé au gré des courants marins (qui dans cette région circulent du sud vers le nord) pour polluer la côte de la réserve naturelle de Tyr sur une des importantes routes d’oiseaux migrateurs. Cette zone est une "Aire Spécialement Protégée d'Importance Méditerranéenne" (ASPIM) depuis la Convention de Barcelone en 1976, sous l’égide de l’ONU pour l’environnement. 

Les officiels et groupes de défense de la nature estiment à un millier de tonnes le volume de fioul répandu sur le bord de mer. Les observateurs sont unanimes, c’est une des pires catastrophes écologiques pour Israël depuis sa création en 1948. 90% des plages israéliennes sont concernées, comme 80% du littoral libanais entre Ras Nakoura et Tyr. Le pétrole a sali la mer, le sable et les rochers. Les espèces animales dont certaines protégées (tortues de mer, petits crabes) sont touchées par la substance visqueuse, et c’est tout l’équilibre de la biodiversité qui est atteint. L’évaluation des dégâts est en cours, mais les spécialistes sont certains qu’il faudra des mois de travail minutieux pour espérer tout nettoyer.

"C’est un énorme désastre"

À la main, des milliers de volontaires, soldats ou membres d’associations s’activent depuis le weekend du 20 février pour ramasser les boulettes de pétrole gluant, soigner la faune et la flore meurtries par la pollution. "C’est un travail, dur, lent. L’aide de volontaires, de soldats et des rangers est très importante", a déclaré à l’AFP Roi Strauss, directeur de district de l’Autorité de la Nature et des Parcs. En Israël, les ministères de l’Environnement, de la Santé et de l’Intérieur ont appelé la population à ne pas se rendre sur les plages pour s’y baigner ou faire du sport, jusqu’à nouvel ordre. Les habituels promeneurs sont désormais remplacés par des milliers de personnes masquées dont certaines en tenue protectrice. Les spécialistes recueillent et soignent les animaux survivants. 

Les amateurs des lieux sont affligés, comme Gil Haviv, un ranger d’une réserve écologique pour qui "c’est un énorme désastre, les mots ne peuvent pas le décrire. C’est une catastrophe grave."

Aucun avertissement ni alerte internationale n’avait été émise pour prévenir Israël de ce déversement d’hydrocarbures. Les autorités pensent que c’est aux abords du port d’Ashdod, le plus important d’Israël, que l’accident (ou l'acte malveillant) a eu lieu le 11 février. En pleine tempête, et à 50 km des côtes, des vents puissants et des vagues très hautes ont poussé le mazout vers les côtes. En raison de ces conditions, la nappe de pollution a été repérée tardivement, compliquant davantage les opérations. 

S’agit-il d’une vidange volontaire sous cale ou d’une avarie ? Le bâtiment en cause s’est pas encore précisément identifié par les autorités israéliennes. Les premiers ministres d’Israël et du Liban, Benyamin Netanyahou et Hassan Diab, suivent de près l’enquête, et les forces intérimaires des Nations Unies au Liban rédigeront également un rapport officiel. Pour cette enquête -qui aura sans doute des suites judiciaires -, Israël collabore avec des agences européennes. Selon la ministre de l’Environnement, Gila Gamliel, neuf bateaux se trouvaient dans cette zone le 11 février.

Depuis le 23 février, la justice israélienne a ordonné l’interdiction de publier des informations sur la marée noire qui pollue les côtes des deux pays. Cette mesure ne concerne habituellement que des questions de sécurité. Le ministère qui a ordonné cette "obligation de silence" a justifié dans une interview au quotidien Haaretz  que "publier à ce stade sensible -des détails concernant le navire responsable de la marée noire-pourrait mettre en danger une enquête complexe aux ramifications internationales".

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