VIDÉO - Quatre choses à savoir sur Lori Lightfoot, la nouvelle maire de Chicago

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INÉDIT - Pour la première fois mardi, les habitants de Chicago, troisième plus grande ville des Etats-Unis, ont élu maire une femme noire et lesbienne. Démocrate, Lori Lightfoot, 56 ans, l’a largement emporté face à une autre démocrate, Toni Preckwinkle, avec 74% des voix. Présentation.

Une femme extra-ordinaire. Les habitants de Chicago, troisième ville des Etats-Unis, ont élu leur première maire noire. Lori Lightfoot est également devenue également la première personne ouvertement homosexuelle à diriger cette ville touchée par une violence endémique et de criantes inégalités raciale

Noire et lesbienne, une première à Chicago

En étant élue maire mardi 2 avril à Chicago, Lori Lightfoot a du même coup fait vivre une première historique à la cité de l’Illinois. C’est en effet la première fois qu’une femme noire et lesbienne accède aux plus hautes fonctions dans la troisième plus grande ville des Etats-Unis (2,7 millions d’habitants). Une seule femme avait auparavant dirigé la ville des bords du lac Michigan, la démocrate Jane Byrne, de 1979 à 1983. Deux hommes noirs ont également été à la tête de Chicago par le passé : le démocrate Harold Washington, décédé pendant son mandat (1983-1987), et Eugene Sawyer, lui aussi démocrate, élu en 1987 pour deux ans afin d’achever le mandat de Washington.

Mariée et maman d’une enfant adoptée

Native de Massillon, dans l’Ohio, Lori Lightfoot, qui n’a jamais caché son homosexualité, est mariée à Amy Eshleman. Les deux femmes élèvent une enfant de 11 ans qu’elles ont adoptée et qui se prénomme Vivian. Passée par les Universités de Michigan et de Chicago, Lori Lightfoot, qui succède à la mairie de Chicago à Rahm Emanuel et qui perpétue ainsi la tradition démocrate depuis 1931 dans cette cité, est une ancienne procureure fédérale qui a notamment dirigé une commission de surveillance des activités de la police.

Novice en politique

Il y a seulement un an que Lori Lightfoot s’est lancée en politique, lors de l’annonce de sa candidature à la mairie de Chicago. Une inexpérience qui n’a pas représenté un handicap particulier au moment de défier les caciques locaux, notamment Bill Daley, un ancien cadre des administrations Clinton et Obama, ou Garry McCarthy, ancien chef de la police de la ville. Arrivée en tête du premier tour en février en compagnie d’une autre démocrate afro-américaine, Toni Preckwinkle (avec 17,5 et 16%), Lightfoot a facilement remporté l’élection au deuxième tour avec 74% des voix.

Elle incarne le "changement" face au ras-le-bol

Nouvelle venue en politique, Lori Lightfoot s’est présentée avec un programme progressiste au cœur d’une cité marquée par les inégalités sociales et la violence (550 meurtres comptabilisés en 2018, soit plus que New York et Los Angeles réunies). Désireuse de réduire ces inégalités sociales, et raciales entre les différents quartiers de la ville, elle a également axé sa campagne sur le rejet de la classe politique des dernières années, justement incarnée par son adversaire finale, Toni Preckwinkle, élue locale depuis plusieurs décennies. 

"Les électeurs semblent être dans un état d'esprit de 'virez-les tous’, explique Evan McKenzie, professeur de sciences politiques à l'université de l'Illinois, selon des propos rapportés par l’Agence France Presse. Le message est qu'ils veulent de nouvelles idées et un gouvernement plus propre. Ils sont fatigués de la corruption, des enquêtes fédérales contre des responsables municipaux, des scandales entourant la police et de la crise budgétaire."

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