Qui est Dennis Rodman, l’ex-star de la NBA en larmes au sommet entre Donald Trump et son ami Kim Jong-Un ?

Qui est Dennis Rodman, l’ex-star de la NBA en larmes au sommet entre Donald Trump et son ami Kim Jong-Un ?

PORTRAIT – Quel chemin peut donc mener des parquets de la NBA aux fêtes d’anniversaire de Kim Jong-un en Corée du Nord ? Celui arpenté, bon an mal an, par Dennis Rodman, qui était présent ce mardi à Singapour à l'occasion de la rencontre entre Donald Trump et le dictateur nord-coréen.

Article publié pour la première fois le 5 octobre 2017. Nous le rediffusons à l'occasion du sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un à Singapour, où Dennis Rodman était présent.


"Si Kim  (Jong-un) m’a contacté, c’est parce qu’il adore le basket. En fait, il a d’abord demandé à Michael Jordan de venir, mais Michael a dit non et il m’a appelé moi. J’ai dit d’accord, j’aime bien découvrir des coins à travers le monde", expliquait Dennis Rodman dans "Mon pote le despote", le sujet édifiant consacré à l'improbable amitié liant  les deux hommes, diffusé le jeudi 5 octobre 2017 dans Envoyé Spécial sur France 2.


L'ex-basketteur y ajoutait : "Je lui ai dit 'Je m’en tape de qui tu es. Tant que tu es sympa, je suis sympa, que tu sois président, dictateur ou autre chose. Si tu es cool et que l’on peut boire de la vodka, c’est bon". (…) On fait du karaoké. On chante beaucoup, chacun notre tour. Il y a à peu près 80 personnes autour de nous, des gens qui l’acclament, qui l’applaudissent. Je n’ai jamais vu ça."


Cette amitié a débouché ce mardi sur une situation tout aussi étonnante : Dennis Rodman, qui s'était invité à Singapour pour le sommet entre Donald Trump et Kim Jong-Un, s'est mué en commentateur de l'événement. Il est ainsi apparu très ému sur CNN. Kim Jong Un "essaye de faire avancer son pays... Et Donald Trump va faire du bon boulot", a-t-il asséné sur la chaîne américaine, en larmes derrière des lunettes noires, coiffé d'une casquette rouge arborant le slogan de campagne de Donald Trump "Make America great again" (Rendre sa grandeur à l'Amérique).

"Bad Boys" & "Demolition Man"

Pour la petite histoire, alors qu’il faisait déjà partie de la cour du dictateur nord-coréen Kim Jong-un (qu’il fréquente assidûment depuis 2014), Dennis Rodman a été, durant la campagne présidentielle américaine, un soutien officiel... de Donald Trump. Cela dit à la fois à quel point l’ancien sportif est un adepte du mélange des genres et, au-delà de ce seul aspect, la singularité qu’il a cultivée tout au long de sa vie. 


Né en 1961 dans un quartier pauvre de Dallas, il n’a, par exemple, commencé le basket qu’à 20 ans, et demeure l’un des très rares joueurs à avoir accédé à la NBA en étant issu de la NAIA (National Association of Intercollegiate Athletics), une ligue universitaire de seconde zone, au niveau réputé très faible. Il a ensuite développé un style de jeu très particulier, consistant... à ne jamais tirer au panier.

Dans l’imaginaire collectif des amateurs de baskets, Dennis Rodman représente le premier vrai rebelle d’un sport aseptisé par les enjeux financiers. Couvert de tatouages et de piercings, constamment dans le registre de l’agressivité dans les duels défensifs, il fut, aux Detroit Pistons, le fameux leader d’un groupe, constitué d’Isiah Thomas, Joe Dumars, Vinnie Johnson ou Rick Mahorn, communément surnommé les "Bad Boys". 


Ensemble, ils deviennent double champions NBA, en 1989 et 1990. En parallèle, il faut aussi les gros titres de la rubrique des faits divers : à cette période, la police le découvre, un soir, endormi dans son pick-up, sur le parking du stade, avec un fusil à pompe chargé. Une affaire dont les rebonds le pousseront à plier bagages, direction San Antonio, puis Chicago.

Il est ruiné et alcoolique, incapable de payer les 860.000 dollars de sa pension alimentaireLe conseiller financier de Dennis Rodman

Aux Bulls, il forme alors une triplette mythique avec Michael Jordan et Scottie Pippen, enchaînant trois titres de champion NBA de rang (de 1996 à 1998) et sept titres (!) de meilleur rebondeur de la Ligue. Ses coupes de cheveux toujours plus excentriques crèvent l’écran, son style musclé lui confère le surnom de "Demolition Man", et son souhait de porter le n° 91, alors que la Ligue interdit les numéros supérieurs à 90, lui coûtera aussi cher en amendes que cela fera grimper sa cote de popularité. Cette dernière lui permettra, lors de sa fin de carrière en pente douce, de s’essayer au catch (sous le nom de "Rodzilla") et de faire des apparitions au cinéma, puis dans la téléréalité.

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Sa vie conjugale n’est pas moins exubérante : entre son aventure très médiatisée avec Madonna et son court mariage avec Carmen Electra, la police est intervenue quelque 80 fois en huit ans à son domicile de Newport Beach. "Il est ruiné et alcoolique, incapable de payer les 860.000 dollars de sa pension alimentaire", faisait savoir, dans le Los Angeles Times, son conseiller financier, en mars 2012.


Hasard ou coïncidence : c’est quelques mois plus tard qu’il se mettra à multiplier les allers-retours à Pyongyang pour faire du jet-ski et des karaokés avec Kim Jong-un. Ce qui a pu améliorer sa condition financière.

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