Pollution : quand nos vieux diesel passent à l'Est

Pollution : quand nos vieux diesel passent à l'Est

IMPACT CLIMATIQUE - Au moment où plusieurs pays d'Europe s'efforcent de renouveler leur parc automobile, les voitures diesel n'étant plus les bienvenues inondent d'autres marchés. À commencer par la Bulgarie, où près de 115.000 véhicules de ce type arrivent chaque année.

Ce lundi, le président de la République Emmanuel Macron a rencontré les membres de la convention citoyenne pour étudier leurs propositions concernant le futur projet de loi climat. Si des mesures sont donc envisagées en France pour lutter contre le réchauffement climatique, c’est moins le cas dans certains pays d’Europe de l’Est. Alors que les voitures diesel sont désormais bannies des grandes villes européennes comme Paris, Stuttgart ou encore Milan, elles vivent une seconde vie en Bulgarie.

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Le 20h

Sofia, la capitale bulgare, est la plus polluée de l’Union européenne, étant envahie un jour sur deux par un épais nuage de particules fines. Pourtant, l’an dernier, près de 115.000 véhicules diesel y ont été importés d’Europe de l’Ouest. Chez de nombreux concessionnaires du pays, les vieux diesel sont légion, allant de modèles de 2001 venant d’Italie aux voitures françaises de 2006. Des voitures considérées comme neuves en Bulgarie alors qu’elles ont dépassé les dix ans de vie.

Le plus vieux parc automobile de l'UE

Malgré tout, elles présentent l’avantage d’être parmi les moins chères du marché, un point très important pour les ménages bulgares quand le salaire moyen s’élève à 600 euros. "Ces voitures, on sait que vous n’en voulez plus à Paris ou ailleurs. Mais nous, on n’a pas d’argent donc on est contents de les récupérer", déclare un habitant de Sofia au micro de TF1. 

Conséquence directe de ces nombreuses importations : la Bulgarie dispose du plus vieux parc automobile de l’Union européenne, avec 40% des voitures ayant plus de 20 ans, majoritairement des diesel sans filtre à particules. Les rejets de ces voitures s’ajoutent à d’autres sources polluantes comme les centrales à charbon ou encore le chauffage au bois, encore très répandu en Bulgarie.

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Pour mesurer la qualité de l’air à Sofia, qui ne cesse de se dégrader, près de 400 stations de mesure ont été installées dans la ville, près des habitations. Pour Stefan Dimitrov, fondateur de AirBG.info et militant écologiste bulgare, l’inaction des pouvoirs publics est évidente, les taux de particules fines dépassant les normes européennes un jour sur deux. Des taux pouvant être jusqu’à quatre fois supérieurs à la limite. 

"Ces jours-là, quand vous ouvrez la fenêtre, vous suffoquez. Cela entraîne des maladies cardio-vasculaires, des cancers du cerveau, des maladies des reins, c’est dangereux pour les femmes enceintes, c’est terrible", explique-t-il au micro de TF1.

18.000 morts en lien direct avec la pollution chaque année

Ainsi, chaque année, 18.000 Bulgares meurent de maladies en lien direct avec la pollution. À la mairie de Sofia, l’adjointe à l’environnement, Ioana Hristova, dit réfléchir à un système de vignettes comme à Paris ou Grenoble. Pour autant, interdire les vieux véhicules diesel n’est pas du tout d’actualité : "Pour moi, c’est de l’écologie punitive, et à vrai dire, du populisme. Les grandes villes d’Europe de l’Ouest n’ont qu’à fournir des études impartiales qui montrent de combien elles ont fait chuter la pollution. Et ensuite on verra si on applique la même politique à Sofia."

Pour l’instant, ces études effectuées dans les grandes villes européennes restent incomplètes. Cela n’a pas empêché Rome et Paris d’annoncer l’interdiction totale du diesel dès 2024, quand Bruxelles a fixé à 2025 la date de cette interdiction. D’ici là, c’est autant de voitures diesel qui devraient inonder le marché bulgare et marquer encore plus le clivage entre deux Europe aux objectifs totalement différents d’un point de vue écologique.

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