Réfugiés afghans : quels contrôles de sécurité avant leur arrivée en France ?

Réfugiés afghans : quels contrôles de sécurité avant leur arrivée en France ?

SÉCURITÉ - Avant d'arriver en France, les réfugiés afghans évacués font étape à Abou Dhabi. Ils sont notamment fouillés et interrogés par les autorités, et, en cas de soupçons, placés sous surveillance. Focus sur ces contrôles de sécurité.

Depuis le début des évacuations il y a une semaine, la France aura rapatrié 2000 Afghans de Kaboul ce mardi 24 août, où les talibans ont repris le pouvoir et règnent en maîtres. Un "devoir moral" pour le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drain, en visite lundi sur la base française d’Abou Dhabi, où les réfugiés transitent avant de fouler le sol français. 

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L'Afghanistan aux mains des talibans

À leur arrivée en France, sur la base de témoignages, cinq Afghans se sont vu notifier ce week-end une Micas, c’est-à-dire une "mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance", prévue dans le cadre des lois antiterroristes. Les cinq réfugiés ont été placés sous la surveillance de la Direction générale de la surveillance intérieure (DGSI) à Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis. Ce mardi, l’un d’entre eux a été placé en garde à vue, pour avoir quitté le territoire où il lui avait été demandé de rester. 

Mais quels sont les contrôles de sécurité mis en place de Kaboul jusqu’à Paris ?

Une liste dressée par l'ambassade française à Kaboul

Depuis le début des évacuations françaises, 16 rotations aériennes ont été effectuées depuis la prise du pouvoir des talibans. Pour rappel, les Afghans rapatriés sont des personnes ayant aidé les occidentaux au cours des vingt dernières années, menacés de mort depuis le retour des talibans. "Je me sens très bien aujourd'hui et je suis très reconnaissant aux Français d'avoir réussi à me sauver la vie", confie ainsi Mohammed, l’un des réfugiés, enseignant à l’université de Kaboul. 

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Kaboul contrôlée par les talibans : le récit de nos envoyés spéciaux

Pour identifier ces personnes, l’ambassade de France à Kaboul a dressé une liste, mise à la disposition des autorités. En plus de cette liste, les agents du renseignement peuvent également ajouter les noms de certaines personnes, qui les ont aidés en Afghanistan. 

Fouilles, palpations, interrogatoires...

Après un contrôle sommaire à Kaboul, les réfugiés sont soumis à des contrôles plus poussés à Abou Dhabi, notamment physiques : palpations, fouilles des bagages, etc. Les renseignements procèdent également à des entretiens individuels, pour comprendre le parcours, les relations de chacun, à l’abri du tumulte kaboulien. 

"Ici, ils sont plus en sécurité, on a plus le temps, on est plus au calme. Ce qu'on fait ici, ça s'appelle le contrôle consulaire. Ça va nous permettre de vérifier les pièces d'identité s'ils en ont en leur possession, les nationalités, de pouvoir faire des regroupements si jamais des familles arrivent par différents vols", résume Fabrice Jean, de la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères, depuis Abou Dhabi. 

"On va contrôler les pièces d'identité de ces personnes-là pour pouvoir établir les listes de personnes qui vont partir par les différents vols. On a un système de traçabilité qui est partagé entre Paris, Abou Dhabi et Kaboul pour voir si ces personnes ont déjà été signalées", ajoute-t-il au micro du 20H.

Jamail, une réfugiée afghane exfiltrée par la France ce week-end, témoigne d'un long processus. "Dans chaque aéroport, les contrôles d'immigration étaient très longs. Il y avait d'abord des tests salivaires pour chaque passager. Ensuite, nos empreintes digitales ont été enregistrées, nos cartes d'identité aussi. Il fallait également remplir des formulaires et on nous a donné des visas valables 15 jours", explique-t-elle.

Un Afghan en garde à vue

En cas de soupçons, certains réfugiés peuvent faire l’objet d’un placement sous surveillance. Ils ne peuvent alors pas quitter le territoire où il leur a été demandé de rester, et doivent pointer régulièrement au commissariat. 

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L’Afghan placé en garde à vue n’est sorti que "quelques minutes" de la "zone que la DGSI lui avait demandé de garder", a précisé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur franceinfo, assurant qu'il n'y "a pas eu de failles" dans la surveillance. Le gardé à vue a notamment admis son appartenance au mouvement taliban et reconnu avoir porté des armes en tant que responsable d'un barrage taliban à Kaboul. 

"La France est humaine, mais elle est aussi vigilante", a assuré Gérald Darmanin sur Twitter ce lundi après-midi. "Dans la gestion de la crise afghane, le gouvernement continuera de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des Français, comme cela a été le cas ce week-end", a-t-il ajouté.

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