VIDÉO - "Il était inutile de me cacher" : le premier réfugié tchétchène homosexuel accueilli en France témoigne des horreurs dans son pays

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TCHÉTCHÉNIE - Nos confrères de Quotidien ont interviewé le premier réfugié homosexuel qui a fui la Tchétchénie, où Ramzan Kadyrov, allié de Poutine, persécute les gays depuis plusieurs mois. Son témoignage est glaçant.

Depuis plusieurs semaines, la Tchétchénie et son président Ramzan Kadyrov font la chasse aux homosexuels du pays. Selon des journaux sur place, les autorités tchétchènes ont arrêté plusieurs centaines de personnes à cause de leur orientation sexuelle. Dans ce pays très traditionnel, l’homosexualité est vu comme une honte pour les familles. Une situation dénoncée par la communauté internationale et des dizaines d’associations LGBT à travers le monde.


Il y a deux jours, la France a accueilli Azamat, le premier réfugié homosexuel victime des persécutions du régime de Kadyrov. Notre confrère de Quotidien, Hugo Clément, a eu la possibilité de l’interviewer au lendemain de son arrivée dans le pays.

Arrêté à cause d’un carnet d’adresses

Azamat, une vingtaine d’années, a été arrêté car les autorités tchétchènes ont "trouvé (s)on numéro dans le carnet d’adresses d’un homme" qu'il connaissait. "On faisait partie de la même communauté homosexuelle", confie-t-il. À ce moment-là, il le sait : "Il était inutile de me cacher". Arrêté à proximité d’une mosquée, Azamat est arrêté avant d’être transporté vers "une forteresse, pas un commissariat mais un fort militaire".


Lorsqu’il est interrogé, il fait tout pour détourner l’attention des enquêteurs. Ainsi, il prétend être là pour terrorisme et non pas à cause de son homosexualité. "J’ai tout fait pour dévier la conversation", dit-il. Il refuse de leur dire qu'il est homosexuel de peur de ce qui pourrait arriver à sa famille. En Tchétchénie, "si tu es accusé d’homosexualité, ce n’est pas seulement toi qui est responsable mais toute ta famille", affirme-t-il.

"Ils battent et torturent ceux qui sont pris en plein acte sexuel"

Étant donné qu’il n’a pas été arrêté en plein acte sexuel, Azamat n’a pas eu à subir de coups ou de tortures. "Ils battent et torturent ceux qui sont pris en plein acte sexuel ou avec des photos intimes sur leur portable", affirme-t-il. Dans son malheur, Azamat a eu la "chance" d’être assez discret quant à sa sexualité. 


Dans de nombreux cas, les homosexuels sont arrêtés suite à des dénonciations de propriétaires d’appartement. Comme le raconte Azamat, "la police attrapait souvent des personnes grâce aux propriétaires des appartements qui placent des micros et des caméras". Ainsi, il n’est pas rare selon lui  que des homosexuels soient arrêtés en pleine nuit alors qu’ils sont avec un partenaire.


Maintenant qu’il est en France, Azamat veut rester anonyme, de peur des conséquences pour sa famille. "Ils humilieront ma mère s’ils apprennent que je parle à des médias étrangers ou russes", dit-il.

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