"Pourquoi fuir la justice française, j'ai la conscience tranquille", affirme Carlos Ghosn

"Pourquoi fuir la justice française, j'ai la conscience tranquille", affirme Carlos Ghosn

INTERVIEW - Carlos Ghosn a reçu les équipes de "Sept à Huit", chez lui au Liban, pour un entretien exceptionnel. Il n'y dévoile pas les conditions de sa fuite du Japon mais évoque un quotidien sous surveillance et assure qu'il répondra aux questions de la justice française.

Depuis sa fuite du Japon, Carlos Ghosn s'est peu exprimé. Ce dimanche 1er novembre, il accorde une interview à "Sept à Huit" dans laquelle il évoque sa détention au Japon, sa situation au Liban ainsi que sa chute, au moment même où le procès de son ancien bras droit, Greg Kelly,  se déroule à Tokyo et où deux des personnes qui l'ont aidé à prendre la fuite, ont été extradés vers le Japon. 

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Aujourd'hui, le quotidien de Carlos Ghosn n'a plus rien à voir avec sa détention au Japon. Il peut circuler librement, mais entouré de gardes armés. Non pas qu'il craigne les enlèvements qui ne sont pas dans les coutumes du Japon, mais il préfère. Tout est toujours possible, alors il prend des précautions. "Je suis sûr qu'il n'y a pas que mon équipe de sécurité qui me suit et qui sait où je me trouve", dit-il. "Je me déplace librement (...) Mais je suis contraint de rester au Liban", confie l'ancien patron de Renaut-Nissan. De la situation au Liban, plongé dans le chaos depuis plusieurs mois, il ne dira rien, ne souhaitant pas "se mêler de politique". "Je suis proche du président libanais parce qu'il m'a soutenu. Il y a eu très peu d'hommes politiques qui sont venus au secours de ma femme, il l'a fait par conviction", dit-il. 

Son ancien bras droit est actuellement en procès au Japon

S'il ne peut être extradé en raison de ses trois nationalités qui ne revoient pas leurs ressortissants, l'enquête se poursuit malgré tout, en France. Le Japon ne pouvant juger par contumace, il n'y aura donc pas de procès, en ce qui le concerne : "Le dossier est arrêté". En revanche son ancien bras droit, Greg Kelly, est lui dans le box des accusés d'un procès fleuve qui devrait durer dix mois à Tokyo. Il s'agit du procès relatif aux paiements différés supposés avoir été promis en cachette à l'ancien magnat de l'automobile. 

En l'absence de Carlos Ghosn, Greg Kelly se retrouve donc en première ligne sur ce volet de cette affaire tentaculaire et risque dix ans de prison. "J'aurais souhaité qu'il soit avec moi aujourd'hui. C'est un homme honnête, droit. Je me sens mal pour lui et sa famille, compte tenu de ce qu'il subit. Je le sens d'autant plus mal que j'ai subi, la même chose en pire. A partir du moment où on peut l'aider, on l'aide. Par différents moyens", affirme l'ancien patron de Renault-Nissan. Greg Kelly clame son innocence depuis le début, tout comme Carlos Ghosn. 

J'aide ceux qui m'ont aidé. Point.- Carlos Ghosn

Par ailleurs, Michael et Peter Taylor, sont pour leur part accusés d'avoir aidé Carlos Ghosn à prendre la fuite. Dans une démarche similaire à celle entreprise pour Kelly, Ghosn reconnait suivre ce qui se passe pour eux, "par l'intermédiaire des avocats". "J'aide ceux qui m'ont aidé. Point", indique Carlos Ghosn. Michael Taylor, un ancien membre des forces spéciales américaines reconverti dans la sécurité privée, et son fils Peter Taylor, 27 ans, ont été arrêtés le 20 mai dernier dans le Massachusetts, à la demande de Tokyo. Ce vendredi 30 octobre, les Etats-Unis ont donné leur feu vert à leur extradition au Japon. Selon un document judiciaire, le numéro 2 du département d'Etat américain, Stephen Biegun, a accédé à la demande d'extradition du Japon. 

"Je confirme que la décision de livrer les Taylor au Japon est en accord avec les obligations internationales et les statuts et réglementations nationales", peut-on lire dans la lettre d'une juriste du département d'Etat, Karen Johnson. Les Taylor eux, estiment qu'ils n'auraient pas droit au Japon à un procès équitable. Leurs avocats ont qualifié la décision du département d'Etat d'"arbitraire" et en violation des lois américaines et du traité d'extradition avec le Japon, qui n'a selon eux pas présenté assez de preuves.

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En France, Carlos Ghosn est poursuivi par la justice notamment pour des soupçons d'abus de biens sociaux. "Ils vont venir m'interroger en 2021, à Beyrouth", dit-il. Quant à reproduire le scénario d'une fuite, ce n'est pas à l'ordre du jour. "Pourquoi fuir la justice française, je vais répondre aux questions qui me seront adressées, j'ai la conscience tranquille (...) Je suis confiant", affirme Carlos Ghosn.

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