Entrepreneurs, influenceurs... Pourquoi de nombreux Français posent leurs valises à Dubaï

Entrepreneurs, influenceurs... Pourquoi de nombreux Français posent leurs valises à Dubaï

REPORTAGE – Dubaï compte 90% d'étrangers, donc 25.000 Français. La cité émiratie fait le maximum pour rester attractive et éblouir les nouveaux arrivants. Les équipes de l'émission de TF1 "7 à 8" ont rencontré certains de nos compatriotes qui ont choisi de s'y installer.

La route principale est bordée par des tours métalliques interminables. Ces monstres de verre dansent sur la ville de Dubaï conscientes de l’effet qu’elles produisent sur les visiteurs. Dans sa voiture de luxe, Tanina ne perd pas une miette du spectacle. Son téléphone à la main, elle capture chaque instant de sa nouvelle vie aux Émirats arabes unies. "On a tout pour pouvoir faire du bon contenu", déclare la jeune femme. Avec ses deux millions d’abonnés sur Instagram, elle le reconnait à demi-mot : Dubaï est la ville idéale pour se mettre en scène et... donner un coup d'accélérateur à sa carrière. Comme elle, des centaines d'entrepreneurs, restaurateurs ou influenceurs ont décidé de s'établir dans cette cité bling-bling. 

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Sept à huit

L'attrait des expatriés pour Dubaï se vérifie par quelques chiffres. Sur ses trois millions d’habitants, près de 90% sont étrangers. Parmi eux, on compte 25.000 Français. Au premier abord, la ville n’a pourtant rien d’excitant : absence de droits politiques, liberté d’expression limitée et travail forcé toujours en vigueur. Selon Amnesty International, toute personne qui critique le pouvoir actuel risque une peine de prison.  

Pourtant, la ville a trouvé la parade pour attirer les expatriés. En plus d’offrir un cadre de vie luxueux, elle a un autre argument de poids : les avantages fiscaux. "Avec 0% d’impôt, il n’y a pas d’autres arguments. Ici, il n’y a pas de pièges, ils font tout pour nous aider à entreprendre", confie Tanina, le sourire aux lèvres. Et comme si l'argument ne suffisait pas, Dubaï  souhaite promouvoir une image de tolérance et de modernité. Il y a moins d’un an, un couple encourait jusqu’à un an de prison pour le simple fait de vivre ensemble hors mariage. Dans la foulée, l'État a aussi assoupli les règles sur l'alcool pour séduire les Occidentaux. 

Des arguments en béton pour séduire les expatriés

Alors que l'Europe est placée sous une chape de plombe - à la suite de la crise sanitaire - Dubaï veut renvoyer l'image d'un pays où la liberté est reine.  Ici, il n'y a ni couvre-feu ou confinement. Pourtant, le pays n'a pas échappé à la pandémie liée au Covid-19. En janvier dernier, une flambée de contaminations y a été enregistrée avec 4000 personnes malades. Des chiffres qui avaient triplé par rapport au mois de décembre. Pour endiguer la propagation du virus, les EAU ont misé sur une campagne de vaccination massive. D'ici la mi-mars, cinq millions de personnes, la moitié des habitants des Émirats arabes unis, devraient avoir reçu la protection.

"Ici les restaurants sont restés ouverts, c’est la preuve qu’on peut y arriver", assure, loin des réalités de la France, Magali Berdah au micro de TF1. Ce nom ne vous dit peut être rien. Pourtant, elle est responsable d’une dizaine d’influenceurs qui inondent les réseaux sociaux avec leurs placements de produits. Au total, ils sont une trentaine à avoir déménagé à Dubaï cette année. Conséquences : la trentenaire a été obligée de se rapprocher de ses poulains. Pour venir une semaine sur deux, elle a choisi une maison dans le quartier huppé du District 1. Son loyer ? 10.000 euros par mois.

Le risque d'être renvoyé du pays pour mauvaise conduite

Mais les influenceurs ne sont pas les seuls à avoir succombé aux sirènes de la ville. De nombreux entrepreneurs français ont décidé d'y déposer leurs bagages. Originaire de Marseille, Franck est propriétaire d'un restaurant situé en plein désert. Chaque soir, toute la bourgeoisie locale s'y presse pour déguster un menu unique à 150 euros. Dans les assiettes des clients, des produits locaux seulement. "Regardez ces crevettes, elles ont été pêchées dans le golfe d’Oman", s’extasie le propriétaire.

Pour lui, c'est un rêve d'enfant qui se réalise. Lorsqu'un étranger entre sur le territoire, il obtient un visa de deux ans. Mais ce n'est pas sans conditions. L'expatrié peut être renvoyé du pays en cas de mauvaise conduite. "Il y a des gens qui vont trouver cela un peu dictatorial mais moi je trouve que c'est une bonne façon de gérer le melting-pot culturel", réagit le restaurateur. 

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À travers ces ambassadeurs étrangers, Dubaï tente de promouvoir la destination auprès des Occidentaux. Non sans raison : le secteur du tourisme représente 30% du PIB du pays. Et pour séduire les voyageurs, la démesure est presque de rigueur. Tristan Delmas, 33 ans, est manager de l’iconique Burj-al-Arab, l’un des hôtels les plus luxueux du monde. Avec la pandémie, cet établissement au décor inspiré des 1001 nuits fonctionne à 70% de ses capacités. Pour dix nuits, compter 130.000 euros pour l’une des plus belles suites de l’hôtel. Le petit plus : un swing de golf à plus de 300 mètres d’altitude. 

Une jolie vitrine qui permet aussi d'attirer les artistes. Kev Adams ou encore Gad Elmaleh ont décidé de se produire à Dubaï. Dernièrement, c’est le chanteur Enrico Macias, âgé de 83 ans, qui s'y est rendu. "C’est une chance de nous ouvrir les portes de la scène. On peut dire que Dubaï, c'est un petit peu la capitale de la fin des problèmes", s'enthousiasme le chanteur. Du point de vue d'un expatrié occidental seulement. 

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