VIDÉO - "11 septembre, une histoire française" : comment l'onde de choc des attentats s'est répercutée dans l'Hexagone

VIDÉO - "11 septembre, une histoire française" : comment l'onde de choc des attentats s'est répercutée dans l'Hexagone

IMPACT PLANÉTAIRE - A quelques jours du 20e anniversaire des attaques contre le World Trade Center, l'émission "Reportages Découverte" de TF1 s'est penchée sur un angle inédit : les répercussions que ces attentats ont eues sur les Français.

Près de 3000 morts en moins de deux heures. 6200 blessés. Ce samedi 11 septembre, le monde va commémorer les 20 ans des quatre attentats suicides perpétrés par les terroristes d’Al-Qaïda contre les États-Unis. Un traumatisme à l'échelle de l'évènement : incommensurable. 

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Jusqu’alors, aucun documentaire ne s’était intéressé à l'onde de choc provoquée en France. Pourtant, cette date est à jamais inscrite dans notre mémoire collective. Chacun se souvient par exemple de ce qu'il faisait ce jour-là. Dans la vidéo de l'émission de TF1 "Reportages découverte" à retrouver en tête de cet article, des Français, qui étaient au cœur du drame, ou d'autres, simples spectateurs pris dans un flot ininterrompu d'images, ont accepté de partager leur souvenir de cet événement majeur du 21ᵉ siècle qui a changé leur vie. 

Il y avait les grands brûlés qui descendaient des étages supérieurs, sans cheveux, sans peau, sans rien et on leur laissait une place pour passer.- Bruno Dellinger, rescapé de la tour nord

"L'avion arrive sur la façade nord où sont mes bureaux et je lève la tête, surpris par ce bruit énorme, colossal, et je vois l'avion. Ensuite, en un quart de seconde, en un millième de seconde, le fracas de l'avion qui s'explose contre la tour", se souvient Bruno Dellinger, rescapé de la tour nord. "Deux de mes collaborateurs, Suzanne et Jonathan, sont déjà là. Suzanne vient dans mon bureau et je me rappelle très bien la crainte que j'ai eue, car le bâtiment tanguait tellement fort que j'ai eu peur qu'elle tombe, donc je l'ai prise par les épaules pour essayer de la maintenir", poursuit-il. Puis il ajoute : "Suzanne me demande ce qui se passe et je lui réponds de manière invraisemblable : 'c'est un avion, ne t'inquiète pas".

Après quelques minutes, Bruno Dellinger reprend ses esprits et dit à ses employés de partir, mais lui fait le choix de rester. "Je n'étais pas inquiet", assure-t-il, avant de reprendre. "Donc ils sont partis en courant et j'ai continué à répondre aux appels. Et puis d'un seul coup, pour une raison que j'ignore toujours, que je ne m'explique pas, j'ai eu l'intuition qu'il était urgent que je parte". Aujourd’hui encore, Bruno Dellinger garde une image indélébile de cette journée, qui peut paraître bien futile rétrospectivement : c'est le dernier tour de clé qu'il donnera à la porte de son bureau avant de partir. 

Commence ensuite la descente pas à pas, marche après marche, des 47 étages qui le séparent de la sortie. "C'est une descente qui a mis plus de 50 minutes. Il y avait un monde considérable avec trois files de gens, ceux qui descendaient comme moi, les premiers secours qui montaient, épuisés par le poids de leur harnachement et puis il y avait les grands brûlés qui descendaient des étages supérieurs, sans cheveux, sans peau, sans rien et on leur laissait une place pour passer", détaille-t-il, la voix nouée.

On marchait tous avec des avis de recherche dans les mains. On les collait sur les arbres, partout. Tout le monde faisait ça, il n'y avait rien d'autre à faire.- Martine Saada, maman d'une victime

Pendant ce temps en France, Martine Saada est au bout du fil avec sa belle-fille. Son fils Thierry travaille depuis peu au 104ᵉ étage de la tour nord, mais cette dernière se veut rassurante. "Ils vont être évacués, peut-être par le toit, il ne faut pas vous inquiéter", lui explique-t-elle. "Je me dis donc que tout va bien et je pars travailler, mais je mets la radio et j'entends qu'il y a une deuxième tour qui a été touchée". Consciente à ce moment-là que c'est plus grave que prévu, Martine rentre chez elle. Commence ensuite l'attente interminable. 

Mais dès que les liaisons aériennes ont été rétablies, Martine et son mari décident de s'envoler pour New-York. "Est-ce qu'on aurait pu changer quelque chose ?", s'interroge-t-elle. "On peut se poser mille questions, mais c'est comme ça. Il était très fier alors il faut les laisser faire leur vie. Après le reste on n'a pas la maîtrise malheureusement". Toute la journée, Martine et son mari attendent des nouvelles. "On demandait au FBI s'ils avaient eu un signalement. On marchait tous avec des avis de recherche dans les mains. On les collait sur les arbres, partout. Tout le monde faisait ça, il n'y avait rien d'autre à faire", poursuit-elle. Quelques semaines plus tard, la nouvelle atroce du décès tombera.

En France, le plan vigipirate est renforcé

En cette matinée ensoleillée, à New York, le consul de France et le directeur d'Air France sont, eux, en train de prendre leur petit-déjeuner avec des hommes d'affaire dans un restaurant de Manhattan quand le drame se noue. "Nous entendons une énorme déflagration, nous sortons sur la terrasse et le haut de la tour nord du World Trade Center est percé d'une longue balafre noire. Nous voyons aussi des milliers de feuilles de papier qui volent ; certaines tombent à nos pieds sur la terrasse, se rappelle Richard Duqué, le consul de France à New York. Puis une personne de l'assistance dit : 'un avion de tourisme a dû heurter la tour'." Mais la réponse cinglante du directeur d'Air France finit de les figer : "Non, l'impact est trop fort, ça ne peut être qu'un jet commercial qui s'est encastré dans la tour", répond-il.

En une fraction de seconde, l'événement vient de passer du statut d'accident incroyable à celui d'attaque terroriste. En France, Jacques Chirac, en déplacement en Bretagne, est très vite informé de la situation. À Paris, le gouvernement de cohabitation est également mis en alerte. "Notre préoccupation immédiate, c’est d'assurer la protection des Français, mais nous n'excluons pas que nous puissions être frappés dans une tentative qui toucherait aussi les alliés des États-Unis", raconte Lionel Jospin, le Premier ministre de l'époque. Les premières décisions tombent : le plan vigipirate est immédiatement renforcé. D'autres mesures sont mises en place, notamment dans les aéroports, qui perdurent encore aujourd'hui.

"Il fallait garder son sang froid et agir vite. La priorité, c’était de se prémunir contre une attaque. Ça pourrait très bien intervenir en France, soit autour d'une centrale nucléaire, soit autour de la Tour Eiffel, bref des cibles faciles pour des gens déterminés et en capacité de nuire. On était dans la protection avant tout", avance de son côté Daniel Vaillant, alors ministre de l'Intérieur. 

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A 9h59 à Manhattan, la tour sud vient de s'effondrer, 56 minutes après l'impact. "J'étais absolument pétrifié par ce que j'étais en train de voir parce que personne ne s'attendait à ce que ces tours tombent. On a compris ultérieurement pourquoi elles sont tombées, mais à l'époque personne n'aurait pu l'imaginer", souligne Michel Moutot, journaliste AFP à New York. Puis à 10h28, c’est la tour nord qui finit par rendre l'âme. Ils seront des millions dans le monde à assister en direct au spectacle hallucinant de la fin d'un symbole. En France, Nicolas Frezals est l'un de ces voyeurs incrédules. "Un des premiers mots de la journaliste, je m'en rappelle, ça m'a beaucoup marqué, c'était : 'les tours jumelles viennent de s'effondrer'. Sincèrement sur le coup, j'ai eu beaucoup de mal à le croire. C'était complétement irréel, impensable. Ça m'a vraiment affecté sur le coup", reconnaît-il. 

Il aura fallu moins de deux heures, 102 minutes très exactement pour que les tours, emblèmes de la puissance économique américaine, disparaissent et la fin d'un monde avec elles. De part et d'autre de l'Atlantique, la nuit sera longue. Beaucoup de Français resteront scotchés devant leur écran de télévision à regarder les images, fascinés, tétanisés devant ce spectacle d'horreur, s'interrogeant sur le nombre de victimes, le sens d'un tel acte, et s'inquiétant aussi pour l'avenir. 

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