REPORTAGE - Au plus près des combats dans la région du Haut-Karabakh

REPORTAGE - Au plus près des combats dans la région du Haut-Karabakh
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CONFLIT ARMÉ - Le Haut-Karabakh, en majorité peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan, entraînant une guerre au début des années 1990 qui avait fait 30.000 morts. Le front est quasi-gelé depuis, malgré des heurts réguliers. Ces derniers jours, les échanges de tirs ont repris, faisant plusieurs morts et des blessés. Reportage au cœur des combats.

Depuis cinq jours, des rockets n’arrêtent pas de s’abattre sur les villages du Haut-Karabakh, devenu le théâtre d’affrontements sanglants entre l’Azerbaïdjan et des forces soutenues par l'Arménie. À la suite d’un nouveau bombardement ce jeudi dans la matinée, tout un quartier de la ville de Martouni, située à quelques kilomètres de la zone des combats, a été rasé ou presque. "Ils tirent partout. Toute la ville est en feu", témoigne, au milieu des décombres, un habitant arménien.

Assiégés par l’armée azerbaïdjanaise, les civils arméniens ont fui ou se terrent dans les caves. A l’hôpital, les salles d’opération d’urgence ont été transférées au sous-sol. Le bilan des deux heures écoulées est de trois morts et plusieurs dizaines de blessés. Lors des bombardements, deux journalistes français du quotidien Le Monde présents sur place ont été grièvement blessés. Ils ont été transportés à l'hôpital de la ville.

Quatre civils tués et onze blessés

"Des journalistes sont blessés. Depuis que nous le savons, le centre de crise du Quai d'Orsay est mobilisé, ainsi que l'ensemble de nos capacités pour pouvoir, le plus rapidement possible, organiser le rapatriement", a assuré Emmanuel Macron. "Un avion sanitaire est prêt à partir au moment où je vous parle. Nous sommes en train de tout faire pour stabiliser les blessés sur place avant de permettre leur évacuation", a-t-il poursuivi.

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Selon les autorités arméniennes, deux journalistes arméniens ont également été blessés par les bombardements tandis que les autorités du Haut-Karabakh font état de quatre civils tués et onze blessés, dont les journalistes. Parmi les victimes, un enfant de deux ans et demi touché à la tête et au bras. Sa grande-sœur, âgée de 8 ans, a été tuée dans la même frappe, au désespoir de ses parents. "Nous étions dehors devant un immeuble. C’est venu du ciel. C’est un drone qui a fait ça", affirme la mère.

Evidemment, c’est une guerre contre les chrétiens. Mais ils ne nous chasseront pas de nos terres.- Norik Gregorian, un habitant arménien du Haut-Karabath.

Pourquoi cette soudaine flambée de violence ? Le Haut-Karabakh, peuplé en majorité d’Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan, entraînant une guerre au début des années 1990 qui avait fait 30.000 morts. Le front est quasi-gelé depuis, malgré des heurts réguliers, notamment en 2016. Ici, chacun pense que l’Azerbaïdjan veut vider cette région à majorité chrétienne de ses habitants. Eux qui, au contraire, rêveraient bien d’indépendance ou d’un rattachement à l’Arménie.

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C’est le cas de Norik Gregorian, un habitant arménien de la région, qui affirme que des mercenaires djihadistes font également partis des troupes ennemis. "Evidemment, c’est une guerre contre les chrétiens. Mais ils ne nous chasseront pas de nos terres. En plus ce sont des islamistes qu’on a engagés contre nous", soutient-il. La Turquie de Recep Tayyip Erdoğan a apporté son soutien à l’Azerbaïdjan. Et personne pour le moment, ni la Russie ni la France, ne parvient à faire taire les armes dans ce conflit aux conséquences imprévisibles. 

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