"En 24 heures, j'avais mon CDI" : il n'a jamais été aussi facile de trouver du travail aux Etats-Unis

"En 24 heures, j'avais mon CDI" : il n'a jamais été aussi facile de trouver du travail aux Etats-Unis

SÉDUCTION - De McDonald's à Amazon, de nombreuses compagnies américaines, ainsi que le gouvernement fédéral, ont mis en place plusieurs mesures d'incitation pour les potentiels futurs employés. Car malgré la reprise, les candidats manquent à l'appel.

De l'autre côté de l'Atlantique, aux États-Unis, le marasme sanitaire et économique a laissé place à une relance attendue comme miraculeuse. Mais à la surprise générale, les entreprises qui recrutent sont en mal de candidats. Pour remédier à cette situation, elles ont donc mis en place des mesures très incitatives.

Toute l'info sur

Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

C'est le cas de Gatsby, un restaurant de Washington qui a ouvert ses portes il y a un mois et a déjà connu un démarrage fulgurant. Dès l'entrée, l'enseigne affiche annonce qu'elle recrute des cuisiniers, des chefs et des serveurs. "C'est très surprenant de voir à quel point il est difficile de trouver du monde. Nous offrons un bonus de 1000 euros à de nombreux collaborateurs. Et nous avons aussi un système de parrainage. Si vous réussissez à convaincre une personne de venir travailler chez nous pendant plus de trois mois, on vous offre une prime de 2000 euros", explique à TF1, dans la vidéo en tête de cet article, Jason Berry, le propriétaire de l'établissement. Son objectif : multiplier par deux le nombre de ses salariés. 

Il faut qu'on arrive à attirer et à fidéliser les employés- Florent de Felcourt, parton de Fresh Baguette

Toujours dans la capitale américaine, la boulangerie industrielle Fresh Baguette, qui emploie une centaine de personnes, est confrontée à la même problématique. À tel point que Marcus Burrows, un manutentionnaire, qui a "perdu [son] boulot au début de l'épidémie", a été "contacté tout de suite" après avoir "répondu à une annonce". "En 24 heures, j'avais mon CDI", nous raconte-t-il.

Face au manque de candidats, le patron de l'enseigne, Florent de Felcourt, a lui aussi dû trouver des arguments sonnants et trébuchants. "Il faut qu'on arrive à les attirer et à les fidéliser. On a mis en place des aides pour les aider à se payer une assurance santé, un plan de retraite par capitalisation", précise-t-il à TF1. Et pour cause : 42% des petites et moyennes entreprises américaines ont des problèmes de recrutement aux États-Unis, conclut une étude récente. Mais c'est aussi le cas de grandes compagnies qu'on pourrait penser plus attrayantes pour les employés.

McDonald's, par exemple, a prévu d'augmenter certains salaires face à "une situation compliquée au niveau du recrutement", a indiqué, jeudi 13 mai, Joe Erlinger, responsable aux États-Unis de la célèbre chaîne de restauration rapide, qui compte rapidement grossir ses rangs avec 10.000 nouveaux salariés. Pour ce faire, le groupe augmente les salaires à l'embauche dans les établissements qu'il gère directement - et non ceux des franchisés - : entre 11 et 17 dollars de l'heure pour les employés, 15 et 20 dollars pour les managers. 

Toujours dans le secteur de la restauration rapide, Chipotle a déjà annoncé, le 10 mai dernier, une hausse du salaire minimum à l'embauche, à 11 dollars de l'heure, avec l'objectif d'un salaire horaire moyen dans ses restaurants de 15 dollars d'ici juillet. À titre de comparaison, le salaire minimum est de seulement 7,25 dollars dans le pays.

Amazon veut recruter 75.000 personnes

Autre domaine d'activité, mais problème identique : Amazon, qui a annoncé, le 13 mai, vouloir recruter 75.000 personnes supplémentaires aux États-Unis et au Canada, propose un salaire horaire moyen à l'embauche de plus de 17 dollars, et jusqu'à 1000 dollars de prime. Du côté de la grande distribution, les enseignes Target et Costco ont aussi relevé leurs salaires minimums pour atteindre ou dépasser 15 dollars.

Christopher Waller, un gouverneur de la Banque centrale américaine (Fed), a confirmé, le même jour, le manque de candidats constaté du côté des employeurs. "Nous entendons régulièrement les entreprises nous dire qu'elles augmentent les salaires, mais ne parviennent quand même pas à attirer les travailleurs".

Si les inscriptions hebdomadaires au chômage ont continué à reculer début mai, et que près d'un million d'emplois ont été créés aux États-Unis au mois de mars - atteignant leur plus bas niveau depuis le début de la pandémie - ce nombre a chuté en avril, s'établissant à seulement 266.000, bien loin du million attendu.

Les allocations chômage "peuvent limiter l'offre de main-d'œuvre"

Du côté de l'opposition républicaine, on assure avoir identifié pourquoi le pays est en manque de candidats : le gouvernement fédéral américain a étendu les droits au chômage, aux indépendants notamment, et les a prolongés même pour ceux qui avaient atteint la durée maximale. Et tous les bénéficiaires touchent 300 dollars par semaine en plus de l'allocation, dont le montant maximum varie de 230 à 820 dollars hebdomadaires, selon les États. Ces aides supplémentaires, prévues jusqu'au 6 septembre.

"Ce qui était censé être une aide financière à court terme pour les personnes (...) licenciées au plus fort de la pandémie est devenu un droit dangereux", fait valoir le gouverneur républicain de Caroline du Sud, Henry McMaster. Un constat partagé par les analystes d'Oxford Economics, qui estiment que ces allocations chômage plus généreuses "peuvent être l'un des facteurs limitant l'offre de main-d'œuvre".

Ces experts nuancent toutefois : "les inquiétudes liées à la santé restent la principale contrainte", puisque près de deux tiers de la population américaine ne sont pas vaccinés. Ils mettent également en lumière les problèmes de garde des enfants, tant que toutes les écoles n'ont pas rouvert à temps plein. Christopher Waller, de la Fed, confirme que "ce décalage est temporaire", et se résorbera avec la vaccination, la réouverture complète des établissements scolaires et l'expiration des allocations chômage supplémentaires.

Lire aussi

Toujours est-il que 21 des 27 gouverneurs d'États républicains ont annoncé la suppression des 300 dollars supplémentaires, voire, pour certains, de l'ensemble des mesures qui permettaient aux indépendants et chômeurs depuis plus de six mois de continuer à toucher leurs aides. Résultat : 2,5 millions de bénéficiaires d'allocations chômage, sur près de 16 millions au total, ne toucheront plus rien dès juin ou juillet, ont calculé les analystes d'Oxford Economics. Un million de chômeurs supplémentaires perdront uniquement les 300 dollars hebdomadaires par semaine.

Du côté des autorités, le président démocrate, Joe Biden, a récemment assuré que les aides seraient maintenues dans les Etats le souhaitant. Il a toutefois rappelé qu'elles seraient retirées aux chômeurs ayant refusé un emploi.

La politique américaine vous intéresse ? Alors découvrez notre podcast "Far West"

Écoutez ce podcast sur votre plateforme d'écoute préférée : 

- Sur APPLE PODCAST

- Sur SPOTIFY

- Sur DEEZER

Après une campagne électrique et la défaite de Trump, plongez dans l’ère Biden avec Magali Barthès, spécialiste des questions internationales sur LCI et ses invités.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Covid-19 : à peine adopté, le pass vaccinal déjà obsolète face à Omicron ?

Variant Omicron : le vaccin favorise-t-il l'infection au Covid via des "anticorps facilitants" ?

Jean-Michel Blanquer a annoncé le protocole sanitaire de la rentrée... depuis Ibiza

EN DIRECT - Covid : 464.769 nouveaux cas en 24 heures, une première en France

Est-ce à moi de payer le raccordement à la fibre de mon domicile ? Le 20H vous répond

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.