VIDÉO - Routes, ports, voies ferrées... : en quoi consiste le projet chinois colossal de "nouvelle Route de la soie"

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COMMERCE - Des milliers de kilomètres de voies ferrées et de routes, des nouveaux ports... : pour exporter ses produits vers l'Europe, l'Asie ou encore l'Afrique, la Chine souhaite recréer son ancienne Route de la soie. Mais ce projet à 1.000 milliards de dollars suscite l'inquiétude de certains pays européens. Explications.

Lundi, lors de son premier jour de visite en Chine, Emmanuel Macron a plaidé pour une nouvelle alliance entre Pékin et l’Europe, dont il souhaite l’implication dans la nouvelle route de la soie, projet de construction de routes, ports, voies ferrées et parcs industriels à destination de l’Europe, l’Asie et l’Afrique. "Ma volonté est que la France et l’Europe (…) soient au rendez-vous offert par la Chine" a déclaré le président français, en mettant toutefoisen garde son homologue  Xi Jinping contre toute tentation d’"hégémonie". Jusqu'à présent, la France était restée prudente face à un projet jugé parfois dangereusement expansionniste.


Appelé "La ceinture et la route" en Chine, il a été lancé en 2013 par Xi Jinping. Il vise à ressusciter l’antique Route de la soie qui acheminait à dos de chameau des produits de l’Empire du milieu vers l’Europe. Le but est de construire une ceinture terrestre reliant la Chine à l’Europe occidentale via l’Asie centrale et la Russie et une route maritime permettant de rejoindre l’Afrique et l’Europe par la mer de Chine et l’océan indien. Le projet concernerait 65 pays représentant 60% de la population mondiale et environ le tiers du PIB de la planète. Il doit réunir des investissements de plus de 1.000 milliards de dollars.

Les principales infrastructures

Le rail relie déjà la Chine à une trentaine de villes européennes en moins de trois semaines. En Asie, une ligne de 873 kilomètres doit mener de la Chine à la côte thaïlandaise. En Afrique, Pékin finance une ligne de 471 kilomètres au Kenya entre la capitale Nairobi et le port de Mombasa, sur l’océan indien.


Le projet est également maritime. En Turquie, trois entreprises publiques chinoises ont racheté près d’Istanbul le troisième port du pays, Kumport. Au Pakistan, le port de Gwadar, non loin de la frontière iranienne, sera relié à l’extrême ouest chinois après la rénovation de 500 km de route. Le port doit donner au commerce chinois un accès plus facile au Moyen-Orient que par la voie maritime du détroit de Malacca. Un nouvel aéroport international doit aussi voir le jour à Gwadar.


La Chine souhaite également construire des parcs industriels. Au Bélarus, elle édifie un parc high-tech à Minsk, le plus grand jamais construit à l’étranger par le géant asiatique. Un projet similaire sort de terre à Kuantan, en Malaisie, pour l’acier, l’aluminium et l’huile de palme. 

Un projet qui divise l'Europe

Globalement, les pays d’Europe centrale et orientale sont enthousiastes. "Certains considèrent l’éveil de la Chine comme une menace, nous y voyons une opportunité énorme" a dit le Premier ministre hongrois. Pékin a il est vrai annoncé l’octroi de près de trois milliards d’euros pour des projets comme la construction d’une ligne de chemin de fer entre Belgrade et Budapest.


En Europe occidentale, certaines capitales sont en revanche inquiètes. "Si nous n’élaborons pas une stratégie face à la Chine, elle réussira à diviser l’Europe"  a déclaré en août dernier le ministre des Affaires étrangères allemand. Mardi, le ministre de l'Economie française Bruno Le Maire, présent en Chine pour la visite présidentielle, s'est également montré méfiant. Il a dit refuser beaucoup de projets d'investissement chinois. "On accepte des investissements sur le long terme et pas des investissements de pillage" a-t-il assuré, avant de nuancer ses propos pour éviter tout incident diplomatique.

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