Le Royaume-Uni forme 30.000 bénévoles pour vacciner la population contre le Covid-19

Le Royaume-Uni forme 30.000 bénévoles pour vacciner la population contre le Covid-19

PARTICIPATION - La campagne de vaccination bat son plein outre-Manche avec plus de neuf millions de doses déjà administrées. Pour garder le rythme, 30.000 bénévoles sont en train d'être formés pour inoculer le vaccin Pfizer ou AstraZeneca aux futurs patients.

Ni blouse, ni stéthoscope. Confinés dans un bureau londonien, certains bénévoles touchent une seringue pour la première fois. Dans la salle, leurs chaises sont soigneusement espacées pour respecter la distanciation sociale. Les volontaires sont concentrés. L'un d'eux plante une aiguille dans une fausse épaule en mousse. "Ne remettez jamais le capuchon après utilisation", prévient une formatrice de l'organisation caritative St John Ambulance. Pour l'instant, le geste semble encore hésitant. Mais cela devrait changer. D'ici le printemps, 30.000 bénévoles seront formés au Royaume-Uni pour inoculer le vaccin contre le Covid-19.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

L'objectif de cette initiative est simple : protéger le plus de personnes possible alors que le variant britannique se propage à vitesse grand V sur le territoire. La semaine passée, le Royaume-Uni avait dépassé la barre des 100.000 morts du Covid-19 - devenant le pays le plus endeuillé d'Europe. Si la courbe des nouvelles contaminations a baissé grâce au reconfinement, les autorités britanniques veulent mettre les bouchées doubles sur la vaccination. Et surtout conserver la cadence. Au Royaume-Uni, 9.468.382 doses ont été injectées. Un chiffre impressionnant quand la France n'en est pour sa part qu'à 1,5 million de vaccinations. 

Une part essentielle du programme de vaccination- Carl Fazackerley, formateur pour l'association St John Ambulance

En Angleterre, la campagne de vaccination bat son plein avec plus de deux millions de doses administrées chaque semaine. Pour rester sur cette lancée, la formation des bénévoles est une nécessité. "Les volontaires sont une part essentielle du programme de vaccination, auquel ils apportent envergure et moyens. Notre personnel de santé est déjà sous la pression du Covid-19. Il serait impossible de leur demander seul de mettre en place la vaccination", indique Carl Fazackerley, formateur pour l'association St John Ambulance. 

Mais qui est éligible ? Seules les personnes de plus de 18 ans et diplômées du secondaire peuvent vacciner, après vérification du casier judiciaire. Et les volontaires présents dans la salle semblent ravis de pouvoir mettre la main à la pâte. "Dans la vie, je suis réalisateur. Quand l'opportunité s'est présentée d'entreprendre quelque chose qui peut faire la différence, j'ai décidé de saisir ma chance", déclare Mike Day, bénévole. Dans quelques jours, l'artiste aura entre ses mains le vaccin Pfizer/BioNTech ou AstraZeneca/Oxford, les deux utilisés pour l’heure au Royaume-Uni. 

Mettre en confiance les patients

Avant que les bénévoles ne soient répartis dans les centres de vaccination, comment se déroule leur formation ? Cette journée d'enseignement permet de mettre en pratique les connaissances acquises lors de 15 heures de cours en ligne. La session se divise en deux temps. La première étape consiste à se familiariser avec les gestes pratiques et nécessaires à l'administration des doses de vaccins. 

Mais la formation ne s'arrête pas là. Les volontaires doivent aussi apprendre à mettre en confiance les personnes à vacciner tout en respectant les gestes barrières. Par exemple, comment enfiler et retirer en toute sécurité les équipements de protection individuelle, un geste primordial en cette période d'épidémie. "Il faut respecter les règles autant que possible", estime Katherine Odell, une employée de bureau de 35 ans.

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Mais que se passera-t-il une fois l'armée de volontaires en place ? Il ne restera plus qu'une étape à franchir : rassurer la population. Mais l'idée de se faire vacciner par des amateurs doit encore séduire les Londoniens. "Si c'est un infirmier ou un médecin, j'accepte. Mais si c'est un bénévole, je n'accepterai pas", lâche une passante d'un ton péremptoire. Du côté des formateurs, le discours se veut rassurant. Ils affirment que la sécurité des patients ne sera pas négligée. Au début de leur déploiement, les bénévoles seront supervisés par un professionnel de santé. 

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