VIDÉO - Rupture d'un barrage au Brésil : le bilan monte à 58 morts, des centaines de personnes toujours disparues

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DRAME - La rupture d'un barrage minier du géant minier brésilien Vale à Brumadinho a provoqué une véritable marée de boue, recouvrant de nombreuses habitations. On dénombre au moins 58 morts et 305 disparus, selon le dernier bilan des autorités. Au drame humain s'ajoute la catastrophe environnementale dans l'État du Minas Gerais.

Les chances de retrouver des survivants sont "minimes" selon les pompiers. La rupture d'un barrage du géant minier Vale au Brésil a tué au moins 58 personnes, a annoncé dimanche la défense civile brésilienne. Et de préciser que 305 personnes "étaient toujours portées disparues". "La police, les pompiers et les militaires ont tout fait pour tenter de secourir d'éventuels survivants, mais nous savons qu'à partir de maintenant les chances sont minimes et nous ne trouverons probablement que des corps", avait indiqué samedi à la presse Romeu Zema, gouverneur de l'État de Minas Gerais, où une tragédie similaire avait fait 19 morts en 2015.

Les autorités locales ont précisé que 270 personnes qui se trouvaient sur le site de Vale avaient été retrouvées en vie, mais le PDG de Vale, Fabio Schvartsman l'a d'ores et déjà annoncé :  "La plupart des personnes touchées sont nos employés (...)  Nous ne connaissons pas encore le nombre des victimes, mais nous savons qu'il sera élevé." 

Une véritable marée de boue de couleur marron a recouvert d'immenses surfaces de végétation, et de nombreuses maisons ont été détruites, a constaté un photographe de l'AFP qui a survolé la zone. La cantine de l'entreprise a notamment été engloutie par la coulée de boue à l'heure du déjeuner.

Le complexe minier de Córrego do Feijão compte trois barrages au total. C'est l'un d'eux qui a cédé ce vendredi en début d'après-midi à Brumadinho, une commune de 39.000 habitants située à 60 km au sud-ouest de Belo Horizonte, la capitale du Minas Gerais, au nord de Rio.

Les actions de Vale ont chuté de plus de 8% à la clôture de la Bourse de New York, après avoir plongé dans un premier temps de plus de 11% à l'annonce de cette nouvelle tragédie. Le site internet d'informations G1 a affirmé que la Justice du Minas Gerais avait ordonné de bloquer des comptes bancaires totalisant un milliard de reals (233 millions d'euros) en prévision de l'indemnisation des victimes et des dommages environnementaux.

À Brumadinho, de nombreux proches de salariés de la mine attendaient des nouvelles avec anxiété et ne cachaient pas leur révolte face au peu d'informations obtenues auprès des autorités.

  

"Ils ne veulent rien dire! Ce sont nos fils, nos maris, et personne ne dit rien. Mon neveu de cinq ans m'a demandé si son père était mort. Qu'est-ce que je vais lui dire?", a déclaré à nos confrères de l'AFP Olivia Rios. Selon le gouvernement du Minas Gerais, une centaine de pompiers a été mobilisée et plusieurs dizaines hélicoptères ont été utilisés pour les secours.

Le président Jair Bolsonaro a affirmé qu'il se rendrait au Minas Gerais samedi pour survoler la zone du désastre dans la matinée. "Nous allons constater les dégâts pour prendre toutes les mesures nécessaires pour atténuer la souffrance des familles de possibles victimes, ainsi que les problèmes environnementaux", a affirmé le chef de l'État lors d'un point presse depuis Brasilia.

En novembre 2015, la rupture du barrage de Samarco, une copropriété de Vale et du groupe anglo-australien BHP, avait fait 19 morts et provoqué un drame écologique sans précédent au Brésil, près de Mariana. "C'est incroyable que trois ans et deux mois après Mariana, un autre accident avec les mêmes caractéristiques ait lieu dans la même région", s'est insurgé Greenpeace dans un communiqué.

  

À l'époque, des centaines de kilomètres carrés avaient été submergés par un tsunami de boue, qui avait traversé deux États brésiliens et s'était répandu sur 650 kilomètres jusqu'à l'océan Atlantique à travers le lit du fleuve Rio Doce, l'un des plus importants du Brésil. "La tragédie environnementale devrait être moindre que celle de 2015, mais la tragédie humaine bien plus importante", a regretté le dirigeant de Vale.

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