VIDEO - Russie : 40.000 manifestants dans les rues de Moscou pour des élections libres, des dizaines d'arrestations

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DÉMOCRATIE - Environ 40.000 personnes se sont rassemblées, samedi 10 août à Moscou, selon l'ONG Compteur Blanc, spécialisée dans le comptage des manifestants.

Nouveau samedi de colère dans les rues de Moscou. Environ 40.000 personnes ont battu le pavé, pour le quatrième week-end consécutif, pour réclamer des candidats indépendants aux élections locales. Un chiffre considérable : ils étaient moitié moins le 20 juillet, pour le dernier rassemblement autorisé par la police. 


Encadré par une forte présence policière, le rassemblement a démarré sous la pluie en début d'après-midi sur l'avenue Sakharov, près du centre de la capitale russe, le seul lieu pour lequel les autorités avaient donné leur accord. Dans le calme, ceux-ci portaient des pancartes sur lesquelles était écrit "Donnez-nous le droit de vote" ou "Vous nous avez assez menti" tandis que d'autres brandissaient des drapeaux russes ou les portraits d'activistes arrêtés lors des précédentes manifestations. Ces dernières ont effet été émaillées de nombreux incidents : ils se sont soldés par respectivement 1400 et un millier d'interpellations, témoignage d'un durcissement de la répression face à la contestation. Ce samedi, l'AFP a appris que les autorités avaient procédé à l'opposition de plusieurs dizaines d'arrestations.

Des élections difficiles pour le gouvernement

Ce durcissement s'exprime aussi par les nombreuses perquisitions ayant visé des opposants ou de simples manifestants, l'ouverture d'une enquête pour "blanchiment" visant l'organisation du chef de file de l'opposition Alexeï Navalny, et les courtes peines d'emprisonnement auxquelles ont été condamnés presque tous ses alliés politiques.


Parmi les leaders de l'opposition libérale, seule l'avocate Lioubov Sobol était encore en liberté grâce à son enfant, la loi russe interdisant les peines de détention administratives pour les femmes ayant des enfants en bas âge. Elle a toutefois été interpellée avant la manifestation après une perquisition de la police dans son local de campagne. "Je ne vais pas aller à la manifestation. Mais vous savez quoi faire sans moi. Je suis fière de tous ceux qui sont venus", a-t-elle déclaré sur Twitter.


La contestation a démarré après le rejet, pour des prétextes douteux, d'une soixantaine de candidats indépendants aux élections locales du 8 septembre, qui s'annoncent difficiles pour les candidats soutenant le pouvoir dans un contexte de grogne sociale. Jour après jour, la ligne dure choisie par le pouvoir pour faire face à ce mouvement de contestation inattendu, inédit depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012, semble s'affirmer. Cette semaine, le Parquet a ainsi demandé le retrait de ses droits parentaux à un couple ayant manifesté avec son bébé et laissé peser une menace similaire sur les parents tentés de faire de même. Les inculpations pour "troubles massifs" à la suite de la manifestation du 27 juillet se multiplient. Quant à Alexeï Navalny, son "Fonds de lutte contre la corruption" est dans le viseur de la justice, qui a déjà gelé les comptes de l'organisation. 

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