VIDÉO - Scènes de violences à Hong Kong : mais qui sont ces hommes en blanc qui passent à tabac les manifestants ?

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Hong Kong se soulève contre Pékin

VIOLENCES - Dimanche, en marge de la manifestation antigouvernementale à Hong Kong, plusieurs personnes ont été blessées. Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des hommes vêtus de blanc frapper violemment des manifestants. Ils sont soupçonnés d'appartenir à des gangs, qui ont déjà sévi par le passé, appelés "les triades".

Pour la sixième semaine consécutive, une nouvelle manifestation s’est déroulée à Hong-Kong dimanche réunissant 430.000 personnes, selon ses organisateurs. Le mouvement est parti du rejet d'un projet de loi, désormais suspendu, visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale. Mais les manifestants exigent désormais une amnistie pour les personnes arrêtées, le suffrage universel et la démission de la cheffe de l'exécutif local, Carrie Lam.

Le rassemblement de dimanche a été marqué par des scènes de violences survenues en fin de manifestation. 

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Des personnes passées à tabac, des hurlements et des flaques de sang, ces scènes ont été filmées dans une station de métro au nord de Hong Kong. Les manifestants ont été poursuivis jusque dans les rames.

Les assaillants sont des hommes armés de tringles de fer, de bâtons et de battes de baseball. Vêtus de blanc et parfois masqués, ils ont attaqué des manifestants antigouvernementaux et des journalistes.

Suite à ces violences, un homme est dans un état critique. Au total, 45 personnes ont été blessées, parmi elles un député démocrate, Lam Cheuk-ting. Ce dernier souligne l'absence de réaction des autorités qui n'ont procédé à aucune arrestation. Le chef de police a défendu ses troupes en expliquant qu'elles avaient déjà fort à faire avec les violentes manifestations antigouvernementales qui avaient lieu simultanément sur l'île de Hong Kong.

La crainte du retour des triades

Des attaques similaires s’étaient produites en automne 2014 contre des manifestants lors du "mouvement des parapluies". Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes assurent que ces gangs ont fait leur retour dimanche soir. Les "triades" sont connues pour êtres des bandes criminelles qui sévissent généralement dans le trafic de stupéfiants, la prostitution, l'extorsion mais aussi l'immobilier et la finance.

Les manifestants accusent le gouvernement de payer ces individus pour casser des manifestations ou intimider ceux qui y participent. En 1993, le ministre chinois de la sécurité publique, Tao Siju, s'exprimait déjà sur ces groupes: "Les membres de triades ne sont pas toujours des gangsters (...) certains membres avaient participé à la protection de hauts dignitaires chinois en déplacement à l'étranger".

La situation reste tendue à Hong Kong

Pendant le rassemblement de ce dimanche, des manifestants ont attaqué le bureau de liaison du gouvernement central à Hong Kong. Ils ont jeté des œufs et inscrit des graffitis sur la façade du bâtiment. Des policiers anti-émeutes ont tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes contre les contestataires, qui s'en sont pris au Bureau de liaison du gouvernement chinois à Hong Kong. Pékin dénonce des actes "absolument intolérables" et appelle à "punir les coupables".

En vertu du principe "Un pays, deux systèmes", Hong Kong jouit en théorie jusqu'en 2047 d'une semi-autonomie et de libertés très étendues n'existant pas en Chine continentale, comme une justice indépendante et la liberté d'expression. Mais des mouvements récents demandent des réformes démocratiques et s'opposent au pouvoir en place. Mais les divisions sont également très présentes au sein même de la population, comme en témoigne les agressions du week-end.

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