Sept à Huit : les petites reines de Kaboul, ces femmes qui revendiquent le droit de faire du vélo comme les hommes

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LUTTE - 15 ans après la chute des talibans, les femmes, en Afghanistan, ne disposent toujours pas des mêmes droits que les hommes, loin s'en faut. Les équipes de Sept à Huit se sont rendues à Kaboul pour recueillir le témoignage de la jeune Roukshar, qui revendique le droit de faire du vélo, une activité interdite aux femmes.

Alors que le soleil se lève à peine sur Kaboul, Roukshar, étudiante de 19 ans et son neveu de 18 ans sortent pour faire un petit tour à bicyclette. Et si la scène peut sembler banale, il n'en est rien. Cette petite promenade comporte des risques : en Afghanistan, les femmes n'ont pas le droit de faire du vélo. 


Sur son passage, malgré sa tenue masculine, les insultes fusent : c'est pour cela que la jeune femme ne sort jamais seule avec son vélo. "Pour la plupart des gens c'est vraiment bizarre, explique-t-elle devant les caméras de Sept à Huit, certains hommes ne laissent même pas leur femme sortir de la maison, alors quand ils me voient sur un vélo ils ont des commentaires à faire. C'est pour cela que c'est mieux d'avoir mon neveu avec moi, c'est comme un garde du corps(...) S'il n'était pas là, ils pourraient me taper, me pousser ou me lancer des pierres".

Un choix assumé

Son neveu, c'est justement lui qui lui a appris, quand elle avait 13 ans, à faire du vélo. : "Moi, j'encourage les femmes, nous dit-il, à ce qu'elles puissent faire comme les hommes, pratiquer le sport de leur choix. Faire de l'exercice c'est bon pour la santé, c'est très sain, on doit en être fier !". Roukshar a la chance d'avoir une famille pour laquelle le sport est essentiel. Son père, professeur à l'académie de police, était champion de lutte dans sa jeunesse. Et pour sa mère, laisser sa fille faire du vélo est un choix naturel et assumé.


15 ans après la chute des talibans, l'Afghanistan est toujours en proie à l'instabilité. Comme l'OTAN a retiré sa force de combat, ce sont les militaires afghans qui doivent désormais assurer la sécurité. Mais les attentats, à Kaboul, restent monnaie courante. Si les femmes n'ont plus l'obligation de porter la burqa, elles doivent néanmoins se couvrir les cheveux, les bras, les jambes. Les Afghanes peuvent néanmoins étudier et travailler mais plus de la moitié des jeunes filles seraient mariées avant l'âge de 16 ans et restent largement exclues de l'espace public.

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