VIDÉO - Syrie : premières évacuations des blessés de la Ghouta, rongée par la famine et les bombes

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BLOCUS - En Syrie, les premières évacuations médicales ont débuté dans la Ghouta orientale. Dans cette zone rebelle assiégée, 400.000 personnes tenteraient de survivre, malgré les bombardements et les pénuries, de plus en plus sévères. Parmi eux, de nombreux enfants.

A quelques kilomètres à l’est de Damas, dans la Ghouta, près de 400.000 personnes sont prises au piège. Cette zone rebelle est assiégée depuis maintenant quatre longues années et les habitants manquent de tout : d’eau, de nourriture et de soins. Après des mois d’attente, un accord a été trouvé pour permettre des évacuations médicales de civils, actuellement dans un état critique. Vingt-neuf patients ont été autorisés à quitter cet "enfer", dont dix-huit enfants et quatre femmes souffrant de cancers ou encore de maladies cardiaques, selon Mohammed Katoub, un des dirigeants de la Société médicale américano-syrienne (SAMS).

Dans la nuit de mardi à mercredi, quatre premiers patients ont pu être acheminés dans des hôpitaux de Damas. Ses quatre survivants sont "une fillette hémophile, un enfant atteint du syndrome de Guillain-Barré (une maladie qui atteint le système nerveux, ndlr), un enfant souffrant de leucémie et un homme qui a besoin d'une greffe de rein", a indiqué à l'AFP un responsable du Croissant Rouge, Ahmed al-Saour.

   

Si seulement vingt-neuf personnes seront évacuées dans les heures ou jours qui viennent, l'ONU réclame de son côté depuis des semaines l'évacuation de 641 malades, rapporte Mohammed Katoub. Parmi cette liste de cas graves, déjà dix-sept patients n'ont pas survécu. La semaine dernière, le chef du groupe de travail humanitaire de l'ONU pour la Syrie, rapportait notamment le cas d'un bébé de neuf mois, décédé des suites d'une malnutrition et de complications respiratoires. "Si nous avions eu l'autorisation de l'évacuer vers un hôpital de Damas, l'enfant serait en vie aujourd'hui", avait alors indiqué Jan Egeland sur son compte Twitter.

La malnutrition, un des fléaux que tentent de combattre les habitants. Interviewé par TF1, Samir, un père de famille explique qu'il ne peut "donner qu'un seul repas par jour à (ses) cinq filles". "Ce n'est pas grand chose, et souvent, ma femme et moi, on ne mange rien". En cause : le blocus qui fait que "plus rien n'arrive ici". "On est en train de mourir chaque jour et on voit nos enfants mourir", conclut-il tristement.

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SOLIDARITE AVEC KARIM / Matthias SOMM

Ces évacuations sont le fruit d'un accord conclu entre le gouvernement syrien et les rebelles du groupe Djaïch al Islam, prévoyant un échange de prisonniers. "Nous avons accepté la libération d'un nombre de prisonniers (...) en échange de l'évacuation des cas humanitaires les plus urgents", a ainsi indiqué le mouvement insurgé dans un communiqué. 

Mais si le gouvernement a cédé, c'est aussi grâce aux pressions répétées de la communauté internationale. La situation des enfants de la Ghouta a particulièrement ému les réseaux sociaux ces derniers jours, l'histoire de Karim, un petit garçon devenu borgne à la suite de frappes aériennes gouvernementales, a notamment fait le tour du monde. 

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