VIDÉO - Tchétchénie : Ramzan Kadyrov, le dictateur devient acteur...

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PORTRAIT - Le dirigeant tchétchène a annoncé qu'il allait tourner dans un film d'action, où il incarnera le rôle du "héros." Une fiction proche de la réalité pour Ramzan Kadyrov, un habitué des dérives autoritaires.

Durant l’onde de choc qui avait suivi les attentats de Paris, la scène avait marqué les esprits. Le 19 janvier, Grozny était devenu le temps d’une journée la capitale des anti-Charlie, rassemblant 800.000 personnes dans les rues. Un énième coup d’éclat pour Ramzan Kadyrov, qui dirige d’une main de fer la Tchétchénie, cette petite république musulmane où le culte de la personnalité tourne à plein régime.

Dernier exemple en date ? L’annonce cette semaine de son premier film, simplement intitulé "Ceux qui n’ont pas compris vont comprendre". Le dictateur jouera le rôle du "héros" dans ce long-métrage "frontal, réalisé par metteur en scène connu pour ses films à Hollywood". Il ne manquerait plus que Gérard Depardieu, citoyen d'honneur tchétchène, rejoigne le casting. L’acteur français n’avait-il pas déclaré en 2013 vouloir "montrer qu'on peut faire un grand film à Grozny" ?

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Kadyrov accusé d'exactions et de semer la terreur

En attendant le tournage du film, la capitale tchétchène accueille surtout les frasques de son dictateur de président. Depuis son parachutage en 2007 par Vladimir Poutine à la tête d’un pays détruit par la guerre, le jeune dirigeant - il fêtera en octobre ses 39 ans - a fait de la ville sa vitrine : gratte-ciel, avenues flambant neuves ponctuées de statues à la gloire du boss et de son père (président jusqu’à sa mort en 2004)... quand il ne s’agit pas carrément d’un musée. Un luxe qui derrière lequel se dissimule un quotidien infernal pour les citoyens.

Les organisations et militants pour les droits de l'homme accusent régulièrement Ramzan Kadyrov d'exactions et de semer la terreur. Une réalité dévoilée depuis quelques jours dans le documentaire La Famille : financé par Mikhaïl Khodorkovski - cet ancien magnat du pétrole envoyé en prison durant dix ans par Vladimir Poutine -, il énumère les détournements de fonds publics, intimidations
et les meurtres qui seraient le lot quotidien du chef et sa milice.

Celle-ci, estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes, imposerait selon Le Monde "une charia à sa façon". Le pantalon au dessus des chevilles et la barbe sans moustache seraient interdits, au même titre que l’alcool. Pour les femmes, le port du hijab et les manches longues seraient obligatoires dans les bâtiments publics. Dixit son opposant Mikhaïl Khodorkovski, Kadyrov "a fait de la Tchétchénie son propre État féodal".

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