Accueillies en France, des femmes yazidies témoignent des exactions de Daech : "Je revois sans arrêt leurs regards terrifiants"

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NOUVEAU DÉPART - Vingt-huit femmes yazidies et leurs enfants, victimes de Daech en Irak, ont atterri ce mercredi soir à Toulouse dans le cadre d'un programme d'accueil des réfugiés. Plusieurs d’entre elles ont bien voulu raconter leur histoire à TF1, dans un document exceptionnel.

Pour elles, la lumière au bout du tunnel s’appelle la France. Elles, ce sont les 28 femmes yazidies, et leurs enfants, qui, après de longues années de calvaire en Irak, ont posé le pied ce mercredi soir à Toulouse, dans le cadre d'un programme d'accueil des réfugiés souhaité par le président de la République, Emmanuel Macron, qui s’était engagé auprès de Nadia Murad, prix Nobel de la paix 2018 , à mettre en place une "opération exceptionnelle d'accueil". Une équipe du JT de 20H de TF1 se trouvait avec elles dans l’avion, et a pu en interroger certaines, en exclusivité.

Aujourd’hui, mon cœur est brisé, mais je vais guérir en FranceLera

Tout d’abord, quelques éléments de contexte : vivant dans les coins reculés des montagnes du Kurdistan irakien, dans le nord du pays, les Yazidis sont une minorité kurdophone adepte d'une religion ésotérique monothéiste. En août 2014, leur sort a basculé lorsque Daech s'est emparé d'un tiers de l'Irak, notamment du foyer historique des Yazidis sur les monts Sinjar. Les djihadistes ont tué des hommes, transformé en enfants-soldats les plus jeunes et condamné des milliers de femmes aux travaux forcés et à l'esclavagisme sexuel.

"Je ne pouvais plus vivre après avoir été faite prisonnière de Daech durant quatre ans. J’ai été mariée de force trois fois... Si j’ai tenu, c’est pour mes enfants", se souvient ainsi Nadia, âgée de 27 ans et mère de quatre enfants. Nadia, elle aussi, reste tourmentée : "Je ne peux pas oublier les djihadistes, dit-elle. Je revois sans arrêt leurs regards terrifiants. Aujourd’hui, je n’ai plus qu’un rêve : aller à l’école en France, et ne plus être paniquée en permanence. Il faut en finir avec l’horreur."

Quant à Lera, elle livre cette poignante anecdote, comme une ode à l'espoir : "Dès que quelqu’un réussissait à échapper aux hommes de Daech, mon fils voulait le rencontrer pour lui montrer une photo de son père et demander de ses nouvelles... Aujourd’hui, mon cœur est brisé, mais je vais guérir en France." L'opération est organisée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et financée par le ministère des Affaires étrangères. Ces familles seront "prises en charge dans différents départements français, indique le Quai d’Orsay dans un communiqué. La France leur assure protection, sécurité, éducation et accompagnement médico-social".

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