Harvey déjà parmi les ouragans les plus chers de l’histoire : la forte inquiétude des sinistrés du Texas

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SUBMERSION – Alors que le pic des inondations n’est toujours pas atteint à Houston et qu’Harvey est désormais arrivée en Louisiane, l’ouragan s’annonce déjà comme l’un des plus chers de l’histoire américaine. De quoi inquiéter les sinistrés, et ce d’autant plus que les comptes du fonds fédéral d’indemnisation sont, eux, bien à sec.

Sous l’eau. Alors que le pic des inondations provoquées par Harvey n’est toujours pas atteint à Houston (Texas) et que des dizaines de milliers de personnes sinistrées se retrouvent sans logement, les inquiétudes concernant l’après-crise, notamment pour les indemnisations à venir, n’en finissent pas de croître. Et pour cause : comme le souligne CNBC, le National Flood Insurance Program (NFIP), le fonds d’assurance public spécifique aux inondations, est, lui, bel et bien à sec. 


Avec une dette proche des 25 milliards de dollars, le NFIP est en effet à l’agonie. Une déliquescence qui s’explique en grande partie par la recrudescence des catastrophes naturelles ces dernières années (voir la vidéo ci-dessus en tête de notre article). Outre l'ouragan Katrina, qui avait ravagé la Nouvelle-Orléans en 2005 et engendré des dépenses abyssales estimées à 160 milliards de dollars selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique pour réparer les dégâts, Sandy (70,2 milliards de dollars en 2012) ou Ike (34,8 milliards en 2008) y ont largement contribué. Katrina et Sandy avaient, rappelle Bloomberg, coûté à eux seuls 24,7 milliards de dollars à l’organisme public… soit la quasi-totalité de la dette actuelle.

Les inondations peu couvertes par les assurances privées

Colossal, cet endettement arrive de surcroît tout proche de sa limite légale fixée, toujours selon CNBC, à 30 milliards de dollars et, surtout, de sa limite temporelle. Le Congrès doit en effet décider d’ici un peu plus d'un mois si le mécanisme gouvernemental créé en 1968 par le National Flood Insurance Act, censé arriver à expiration le 30 septembre, doit perdurer ou non. En l’état, seule une (nouvelle) réforme de la loi pourrait donc permettre au NFIP de survivre. Un problème de taille puisque pas moins de 240.000 assurés dépendent de ce programme fédéral rien que dans le comté d’Harris, où se trouve la ville de Houston. 


Dans ce même comté, à peine 15% des habitants disposent par ailleurs d’une assurance privée – non-obligatoire – couvrant les dégâts liés aux inondations. Aux Etats-Unis, la prise en charge des dégâts des eaux est en effet distincte du contrat multirisques habitation que l'on connaît en France. "C'est une situation vraiment critique, pas seulement d'un point de vue météorologique, mais aussi financier pour les gens", explique Loretta Worters, porte-parole du Insurance Information Institute, à nos confrères de l'AFP, précisant que les victimes pourraient se retrouver ruinées sans aide du gouvernement.

Les compagnies d'assurance très riches

La situation est toutefois loin d’être aussi critique pour les compagnies d’assurance elles-mêmes. Toujours selon Loretta Worters, le secteur dégage ainsi actuellement un excédent de 700 milliards de dollars et peut amplement assumer les dossiers de remboursement. Les entreprises se montreront-elles pour autant magnanimes ? Rien n’est moins sûr. 


Ces derniers jours, des avocats pressaient d’ailleurs les habitants touchés par la montée des eaux de se signaler rapidement auprès de leur assureur. Comme le détaille CNN, une loi (House Bill 1774) votée par le Parlement du Texas, qui doit entrer en vigueur ce vendredi, limitera en effet les possibilités des victimes de se retourner contre les sociétés en cas de remboursement trop faibles ou de délais trop longs. De quoi renforcer encore l’inquiétude et l'angoisse de sinistrés désemparés et déjà sous l’eau. 

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L'ouragan Harvey frappe les Etats-Unis

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