VIDÉO - Thailande : tout savoir sur la grotte de Tham Luang où des enfants sont coincés depuis 15 jours

SECOURISME - Les autorités ont lancé dimanche les opérations d'évacuation des 12 enfants coincés au fond de la grotte de Tham Luang en Thailande depuis 15 jours. La mort d'un secouriste, jeudi, soulève cependant des questions sur la dangerosité d'une telle extraction.

Les opérations de secours sont lancées.  Des plongeurs ont commencé dimanche l'opération de sauvetage des 12 adolescents et de leur accompagnateur retenus prisonniers depuis quinze jours dans le réseau de cavités inondé de Tham Luang dans le nord de la Thaïlande. Le niveau de l'eau a suffisamment baissé pour permettre cette périlleuse opération. Surtout, de nouvelles pluies sont attendues. 


Le groupe se situe  sur un rebord loin dans les tréfonds de la grotte, à plusieurs kilomètres de l'entrée. Des kilomètres qui semblent sans fin pour les plongeurs aguerris qui composent l’équipe de secouristes : il faut onze heures pour faire l'aller-retour jusqu'aux enfants, avec six heures à l’aller et cinq heures au retour grâce au courant. Un parcours long mais pas hors norme, selon Bernard Tourte. Selon ce spéléologue et président de la commission secours de la Fédération française de spéléologie (FFS), "il existe des gouffres où il faut 15 heures, parfois 20 heures, pour aller d’un endroit à un autre. Ces 5 heures de traversée signifient qu’il s’agit d’une cavité difficile. Mais cela reste une cavité comme les autres dans laquelle il faut mettre des gens dont les compétences correspondent à ces difficultés."

Le danger de la "T-junction"

Parmi les embûches sur le chemin des sauveteurs figure une zone très étroite dite "T-junction", ou "intersection en T" (en  thaï, cela se dit "sam yak").  A cet endroit, le passage n'est plus qu'un boyau, dans lequel il faut se  faufiler. "Le passage, très étroit, monte puis descend" et nécessite de se  contorsionner, avait expliqué le 2 juillet Narongsak Osottanakorn, le chef de  la cellule de crise. Cette zone se trouve à 1,7 kilomètre de l'endroit où les enfants ont été  découverts. Une fois cette épreuve franchie, les enfants seront à moins d'un  kilomètre de la 3ème chambre, où les secouristes ont installé leur camp de  base.     A partir de là, ils devront encore parcourir près de deux kilomètres, mais  le danger sera derrière eux.

"La visibilité est extrêmement faible, au mieux 20cm"

Au-delà de la durée de la traversée, la cavité thaïlandaise se révèle également dangereuse. Les plongeurs évoluent dans des boyaux accidentés avec de difficiles passages sous l'eau. "La visibilité est extrêmement faible, au mieux 20cm, nous explique Bernard Tourte. une eau trouble comme du café au lait. Mais ce n’est pas le paramètre le plus déterminant pour des plongeurs aguerris : les équipes ont mis en place des cordes fixes, qui permettent d'avoir un fil d’Ariane sûr. On tire dessus en sachant qu'au bout, on va sortir." Avec cette eau trouble, impossible de consulter sa montre et autres  équipements permettant de surveiller son temps de plongée. Le décès ce vendredi d'un secouriste est venu illustrer ces risques : cet ancien membre des commandos de marine thaïlandais "a perdu conscience sur le chemin du retour, son compagnon de plongée a essayé de l'aider et de le ramener", a précisé son unité.


Selon le spéléologue français, la plus grosse difficulté  semble être un boyau inondé, situé à mi-parcours. "Ce passage clef est relativement étroit, de 60 à 80 cm de haut. Il impose aux plongeurs d’utiliser des techniques particulières pour le franchir. C’est une difficulté pour les sauveteurs mais aussi pour ces jeunes quand ils seront évacués. Mais c’est un obstacle qu’on peut travailler, par exemple avec des explosifs pour l’agrandir. Encore faut-il que cela soit faisable."

Ils ne savent pas nager : "On peut les mettres sur une sorte de civière avec de l'oxygène"

"La grotte pose de sérieux défis. Il y a zéro visibilité, l'espace est confiné", a expliqué à l'AFP  Matt Fitzerald, plongeur de la Police fédérale australienne. En outre, quand l’opération débutera, ils auront à prendre en charge des enfants âgés de 11 à 16 ans qui ne savent pas nager. Aucun n'a fait également fait de plongée, ce qui complique d'autant plus les opérations. "On peut les mettre sur une sorte de civière avec une bouteille d'oxygène, un masque complet, et les tirer vers la sortie en flottant, sans qu'ils aient à nager. C'est une technique qui a déjà été utilisée", a suggéré Bill Whitehouse, vice-président du Conseil britannique de secours en grotte, interrogé sur la BBC. Malgré ce vent de pessimisme, le chef des commandos de marine, Apakorn Yookongkaew, garde l'espoir : "Même si nous avons perdu un homme, nous continuons à avoir foi dans notre mission".

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Thaïlande : le sauvetage des enfants piégés dans une grotte

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