VIDÉO - Trump disculpé dans l'enquête russe : les autres affaires judiciaires qui le menacent toujours

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ETATS UNIS - Le résumé de l'enquête du procureur spécial Robert Mueller a conclu dimanche à l'absence d'éléments pour prouver une entente entre ses équipes de campagne et la Russie lors de la présidentielle 2016. Il n'empêche : plusieurs dossiers judiciaires embarrassent encore Donald Trump sur le chemin de la réélection en 2020.

"Pas de collusion, pas d'obstruction, DISCULPATION complète et totale". Donald Trump s'est offert une bouffée d'oxygène dimanche, l'enquête du procureur spécial Robert Mueller concluant à l'absence d'éléments pour prouver une entente avec la Russie à la présidentielle 2016. Seulement voilà : le milliardaire n'est pas complètement tiré d'affaires, plusieurs enquêtes pesant encore sur lui.

Entente avec la Russie : le président disculpé, mais pas exonéré

Si le procureur spécial Robert Mueller a disculpé Donald Trump et son entourage de collusion avec la Russie, il "n'exonère pas" le président américain de l'accusation d'entrave à la justice dans cette affaire, selon un résumé du rapport publié dimanche. D'où les doutes de ses adversaires, qui voudraient en savoir plus. Les leaders démocrates du Congrès ont ainsi exigé dimanche soir la publication du rapport "complet", estimant que le ministre de la Justice n'était "pas un observateur neutre". "La lettre du ministre de la Jutice (Bill) Barr pose autant de questions qu'elle apporte de réponses", ont écrit la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le chef de file de la minorité au Sénat, Chuck Schumer. "Il est urgent que le rapport complet et tous les documents associés soient rendus publics", ont-ils ajouté.


Ce lundi, la Maison Blanche a affirmé que Donald Trump n'avait "aucun problème" avec la publication complète du rapport de Robert Mueller.

Des paiements à d'ex-maîtresses ?

Une affaire particulièrement explosive touche aux paiements potentiellement illégaux en faveur de deux ex-maîtresses présumées de Donald Trump, Stormy Daniels et Karen McDougal, en échange de leur silence pendant la campagne présidentielle 2016. L'ex-avocat Michael Cohen a indiqué que ces paiements, en violation des lois sur le financement des campagnes électorales, avaient été effectués à la demande expresse de Donald Trump. Deux proches de Trump soupçonnés d'avoir facilité ces versements, le patron du tabloïd National Enquirer David Pecker, et le directeur financier de la Trump Organization, Allen Weisselberg, coopèrent avec les enquêteurs. De nouvelles inculpations ne sont pas exclues. Une troisième femme, Summer Zervos, ex-candidate à "The Apprentice", un jeu de télé-réalité ayant fait la célébrité de Donald Trump, a par ailleurs attaqué le président pour diffamation à New York. Elle l'accuse d'avoir nié l'avoir touchée de force. Le président pourrait être obligé un jour de témoigner dans cette affaire.

Une cérémonie d'investiture au financement controversé

Michael Cohen a évoqué de possibles malversations dans le financement de cette très coûteuse cérémonie en janvier 2017. Les procureurs new-yorkais enquêtent notamment sur de possibles dons illégaux de citoyens étrangers et sur de fausses déclarations potentielles à la Commission électorale fédérale, selon le New York Times.

Des violations des lois sur le financement électoral ?

Autre affaire toujours en cours : Donald Trump a-t-il payé pour empêcher des révélations de la presse sur sa vie privée? Michael Cohen, l'ex-avocat personnel du président, affirme avoir organisé des paiements à l'actrice de films X Stormy Daniels et à l'ex-Playmate Karen McDougal, qui menaçaient en 2016 de révéler leurs liaisons supposées avec le milliardaire. Lors de son audition devant le Congrès, l'ex-avocat du milliardaire a transmis aux sénateurs des chèques signés de la main du président. Ceux-ci visaient à le rembourser pour les paiements qu'il avait fait au nom du président à l'actrice X quelques semaines avant l'élection pour qu'elle taise sa liaison avec lui en 2006. Pour la justice américaine, ces versements constituent une fraude au financement électoral. 


Les élus démocrates veulent aussi les détails des relations entre le magnat de l'immobilier et le tabloïd National Enquirer, soutien historique de Donald Trump et qui n'a jamais diffusé l'interview de Karen McDougal, où elle parlait de sa liaison avec l'actuel président, alors qu'elle aurait pu avoir une influence sur l'élection.

De potentiels abus de pouvoir

Selon la presse, des délégations étrangères désireuses de s'attirer les bonnes grâces du magnat de l'immobilier ont privilégié ses propriétés, notamment le Trump International Hotel, près de la Maison Blanche à Washington. L'hôtel a ainsi accueilli des événements organisés par les ambassades du Koweït, du Bahreïn et des Philippines. Il aurait également reçu de nombreux dignitaires saoudiens. Ces séjours pourraient violer la Constitution américaine.

Foot, prostitution et réseaux chinois

Des responsables démocrates ont demandé mi-mars aux services de renseignement américains d'ouvrir une enquête sur Li "Cindy" Yang, la propriétaire d'une chaîne de spas en Floride. Cette dernière est accusée d'avoir monnayé un accès à Donald Trump. Li "Cindy" Yang est notamment à la tête du salon de massages et de soins corporels Orchids Of Asia, dans lequel s'était rendu le propriétaire de l'équipe de football américain des New England Patriots, Robert Kraft, un proche de Donald Trump, inculpé en février pour avoir sollicité les services de prostituées. Un selfie circulant en ligne montre la maîtresse des lieux en compagnie de Donald Trump dans sa résidence privée de Mar-a-Lago, en Floride, lors d'une soirée organisée à l'occasion du Super Bowl, la finale du championnat de football américain.


Selon le quotidien The Miami Herald et le magazine Mother Jones, l'entrepreneuse d'origine chinoise serait derrière GY US Investments LLC, une société de conseil offrant à des clients chinois l'opportunité de rencontrer et d'échanger avec le président et ses proches. "Si elle s'avéraient exactes, ces accusations soulèveraient de sérieuses questions en matière de contre-espionnage", ont écrit les démocrates Adam Schiff et Jerry Nadler, présidents respectifs des commissions du Renseignement et Judiciaire de la Chambre des représentants, dans une lettre adressée aux responsables du FBI, des services secrets et des services nationaux de renseignement. 

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