VIDÉO - Tunisie : des manifestations dégénèrent sur fond de grogne sociale

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FIÈVRE SOCIALE - Après une nouvelle journée de troubles, plus de 200 personnes ont été arrêtées et des dizaines blessées mardi soir en Tunisie. En cause : des mesures d'austérité qui viennent d'entrer en vigueur dans ce pays où l'économie patine.

La Tunisie renoue avec ses vieux démons. De nombreuses manifestations se sont déroulées ces derniers jours dans plusieurs villes, entrainant la mort d'un homme et des arrestations par dizaines. Comme un air de déjà vu dans ce pays qui, depuis la chute de Ben Ali en 2011, multiplie les poussées de fièvres sociales.


Tout a débuté le 1er janvier, suite à l'entrée en vigueur le même jour d'un nouveau budget d'austérité prévoyant - entre autres mesures – une hausse des impôts. Des manifestations pacifiques sporadiques ont peu à peu essaimé, avant de dégénérer en émeutes lundi soir. En cause ? Le décès d'un homme de 45 ans durant un rassemblement à Tebourba, à l'ouest de Tunis. Les résultats de l'autopsie n'ayant pas été encore été révélés, les circonstances de la mort de cet individu alimentent les spéculations, même si le ministère de l'Intérieur a démenti  qu'il ait été tué par la police.

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Echaudées par la mort de celui qu'il présente comme un martyr, plusieurs centaines de personnes sont ainsi descendues mardi soir dans les rues du pays. Un supermarché de la banlieue sud de Tunis a par exemple été pillé alors que, sur l'île de Djerba, deux cocktails molotov ont été jetés sur l'entrée de deux écoles talmudiques du quartier juif. Des incidents ont également eu lieu à Kasserine (centre), Gafsa (sud), Jedaida (nord) ou encore Zahrouni et Djebel Lahmer, des quartiers populaires de Tunis. Selon le ministère de l'Intérieur, 49 policiers ont été blessés et 206 personnes impliquées dans ces troubles qui sonnent comme un nouveau désaveu pour le pouvoir.


Après plusieurs années de marasme économique et d'embauches massives dans la fonction publique, la Tunisie est en effet confrontée à d'importantes difficultés financières. Elle a obtenu en 2016 une nouvelle ligne de crédits du Fonds monétaire international (FMI), d'un montant de 2,4 milliards d'euros sur quatre ans, en échange d'un programme visant à réduire les déficits. Des chiffres sans impact sur le quotidien des Tunisiens. Ceux-ci sont confrontés à un chômage de 15 %, lequel grimpe à 30 % chez les jeunes diplômés. Résultat : des manifestations récurrentes . En janvier 2016, lors de la dernière importante vague de contestation sociale, la colère déclenchée par le décès d'un chômeur protestant à Kasserine s'était ainsi propagée à travers le pays, et les autorités avaient dû décréter un couvre-feu durant plusieurs jours.


En outre, le mois de janvier est traditionnellement marqué par une mobilisation sociale en Tunisie depuis la révolution de 2011. Le contexte est particulièrement tendu cette année à l'approche des premières élections municipales de l'après-révolution, plusieurs fois reportées et prévues en mai, et de la présidentielle programmée en 2019.

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