VIDÉO - Ukraine : qui est Volodymyr Zelensky, l'humoriste qui a battu à plate couture le président sortant Petro Porochenko

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UKRAINE - Volodymyr Zelensky a largement remporté l'élection présidentielle ukrainienne, dimanche 21 avril, en dominant le président sortant Petro Porochenko, avec 73% des voix, selon un premier sondage à la sortie des urnes. Portrait de cet humoriste, novice en politique, et nouvel homme fort de l'Ukraine.

En découvrant le verdict des urnes, lundi 1er avril, de nombreux Ukrainiens ont peut-être cru à un poisson d'avril. Cette hypothèse est définitivement écartée. Volodymyr Zelensky, un humoriste novice en politique, a confirmé dimanche 21 avril son score du premier tour, le 31 mars, en écrasant, avec 73% des voix, le président sortant Petro Porochenko, au deuxième tour de l'élection présidentielle. 


Le comédien de 41 ans, connu pour ses spectacles de stand up et son rôle de président dans une série, avait déjà dépassé toutes les prévisions en obtenant plus de 30% des voix. Dimanche 21 avril, il a confirmé son avance considérable sur le président sortant Petro Porochenko, 53 ans, 15% des voix au premier tour.

Candidat atypique

Père de deux enfants et diplômé de droit, il est originaire de la ville industrielle de Kriviï Rig, dans le centre de l'Ukraine. Mais c'est sur scène qu'il a fait carrière. Directeur artistique du studio "Kvartal 95", il est, selon des médias, cofondateur d'un conglomérat d'entreprises spécialisées dans le divertissement, connu en Ukraine ainsi qu'en Russie pour des shows et séries télévisées. Annonçant la couleur d'une campagne spectacle, son annonce de candidature a d'ailleurs été diffusée la nuit du Nouvel an par une chaîne privée à la place des vœux du président Porochenko. "Quand j'ai annoncé que je briguais la présidence, on m'a qualifié de clown. Je suis clown et j'en suis très fier", indiquait-il en début de campagne.


Pour s'imposer dans le débat public, ce candidat atypique a mis à profit sa carrière d'acteur. Il n'a pas mené de campagne traditionnelle, préférant se produire sur scène avec sa troupe de stand-up et s'exprimant davantage sur les réseaux sociaux qu'à la télévision et dans les journaux. Autre explication à ce succès : la crise dans laquelle se trouve l'Ukraine. Pays de 45 millions d'habitants aux portes de l'Union européenne, le pays est aujourd'hui l'un des Etats les plus pauvres d'Europe. Si elle s'est brouillée avec la Russie avec la perte de la Crimée, et s'est résolument tournée vers l'Occident, elle traverse la pire crise depuis son indépendance en 1991. 

En outre, Volodymyr Zelensky a bénéficié de la disgrâce de Pero Porochenko. S'il est crédité pour avoir rapproché son pays des Occidentaux, redressé une armée en ruines et lancé des réformes économiques, le président a perdu de sa superbe. Il est en effet accusé d'avoir renâclé à lutter contre la corruption, préoccupation majeure du soulèvement du Maïdan qui l'a porté au pouvoir il y a cinq ans. Un désaveu qui n'a cependant pas poussé l'ancien chef de l'Etat à faire ses adieux à la scène politique. Devant ses partisans dimanche, il a d'abord tenu à féliciter son adversaire, en promettant d'"épauler le nouveau président dans toutes ses décisions". Avant d'indiquer, à six mois des législatives : "Je quitte mes fonctions mais je veux souligner avec fermeté : je ne quitte pas la politique."

"Regardez-nous, tout est possible !"

Les partisans de Zelensky ont vu en lui une bouffée d'air frais dans la politique ukrainienne. Les reproches que lui ont adressé ses détracteurs, qui dénonçaient le flou de son programme et un manque d'expérience dangereux pour un pays en guerre, n'ont pas porté. Face à ces critiques, il s'est entouré de réformateurs et a assuré maintenir le cap pro-occidental de son pays tout en menant des négociations avec la Russie, impliquant les Etats-Unis, pour le régler. Washington a d'ailleurs, par le biais de son ambassade à Kiev, félicité le nouveau chef d'Etat, disant vouloir "continuer un partenariat fort" entre les deux pays.


Le comédien a également été accusé d'être une marionnette de l'oligarque Igor Kolomoïski, ennemi du président Petro Porochenko, ce qu'il dément. Des critiques qui ne semblent pas atteindre Volodymyr Zelensky : l'humoriste s'était félicité d'"un premier pas vers une large victoire". Confirmée dimanche 21 avril, qu'il a ainsi commentée, en direction des Ukrainiens : "Je ne vous laisserai jamais tomber". Et, dans une adresse aux autres pays de l'ex-URSS : "Regardez-nous, tout est possible !"


Une petite phrase qui n'a pas empêché Moscou de saluer le "changement" voulu par les Ukrainiens. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karassine, a ainsi commenté la victoire de Volodymyr Zelensky auprès de l'agence de presse russe Ria Novosti : "Le nouveau gouvernement du pays doit comprendre et réaliser les espoirs des électeurs".

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