VIDÉO - Un artiste espagnol arrêté après avoir peint sur la tombe de Franco

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ART - L'artiste espagnol Enrique Tenreiro a été interpellé, mercredi 31 octobre, au mausolée où repose Franco après avoir peint une colombe rouge et les mots "pour la liberté" sur la tombe du dictateur espagnol.

L'artiste espagnol Enrique Tenreiro a été interpellé mercredi 31 octobre après avoir peint une colombe rouge et les mots "pour la liberté" sur la tombe de Francisco Franco. Un acte filmé et diffusé par la télévision publique TVE, qui intervient alors que l'Espagne est en pleine controverse avant l'exhumation annoncée de l'ancien dictateur (1939-1975), qui avait dirigé l'Espagne d'une main de fer après avoir remporté, avec le camp des nationalistes, la guerre civile espagnole (1936-1939).

C'est mon petit grain de sable, j'espère qu'il servira à alléger la douleur des perdants d'une guerre civile qui n'aurait pas dû avoir lieuEnrique Tenreiro

Les images montrent l'homme face à l'autel de la basilique, située sur le site "El Valle de los caidos" ("La vallée de ceux qui sont tombés"), un mausolée gigantesque que le dictateur s'était fait construire à une cinquantaine de kilomètres de Madrid. Il s'agenouille ensuite sur la tombe, puis écarte les bouquets de fleurs et se met à peindre, aussi vite que possible, un oiseau à la peinture rouge.


"Pour la liberté et la réconciliation de tous les Espagnols", crie l'artiste au moment où un garde de sécurité accourt pour stopper son geste. Enrique Tenreiro, sculpteur habitué des performances, parfois provocatrices, a revendiqué "une action de 

protestation" pour "la liberté volée" à la génération de ses parents et de ses grands-parents. "C'est mon petit grain de sable, j'espère qu'il servira à alléger la douleur des perdants d'une guerre civile qui n'aurait pas dû avoir lieu", a-t-il commenté.

Un mausolée construit en partie par des prisonniers républicains contraints au travail forcé

Franco a été enterré le 20 novembre 1975 avec les honneurs sur ce site bâti entre 1941 et 1959, notamment par des prisonniers républicains contraints au travail forcé. Le "caudillo" avait auparavant fait transférer en secret les ossements de plus de 33.000 victimes de la guerre civile, nationalistes et républicaines, au nom de la "réconciliation nationale". 


Cet acte intervient alors que les députés espagnols ont approuvé en septembre un décret du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez autorisant l'exhumation de Franco, contre l'avis du Partido popular, le parti conservateur, régulièrement accusé de n'avoir pas vraiment rompu avec le franquisme, et des libéraux de Ciudadanos. Pour le gouvernement, le dictateur, qui avait remporté la guerre civile avec l'aide d'Hitler et de Mussolini, ne mérite pas "une tombe d'Etat" mais doit être transféré vers un lieu discret. Quant à la famille de Franco, elle voudrait désormais le faire inhumer dans une crypte qu'elle possède dans la cathédrale de Madrid. Mais le Vatican souhaite qu'un dialogue entre gouvernement et famille permette que le dictateur soit enterré ailleurs que dans cette cathédrale.

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