Vin, fromage... Les Etats-Unis vont imposer des tarifs douaniers punitifs sur des produits venus d'Europe

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Commerce mondial : Trump déclenche la "guerre des taxes"

TAXES - Après une victoire à l’OMC dans l’affaire des subventions d’Airbus, les Etats-Unis vont frapper l’Europe de plusieurs milliards de dollars de tarifs douaniers.

La décision a été prise en quelques heures. Et les États-Unis n’y sont pas allés de main morte. En frappant de 7,5 milliards de dollars de tarifs douaniers les produits européens, la superpuissance a voulu envoyer un message fort, seulement quelques heures après ce que le pays estime être "une grande victoire" à l'OMC dans le contentieux qui l'opposait à Airbus.

Les taxes douanières en question seront imposées à partir du 18 octobre, à savoir 10% sur les avions importés de l'Union européenne et 25% sur d'autres produits, dont le vin, le fromage, le café et les olives, selon une liste publiée par les services du représentant américain au Commerce (USTR).

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La majeure partie des sanctions sera appliquée aux importations en provenance de la France, de l'Allemagne, de l'Espagne et du Royaume-Uni, "les quatre pays à l'origine des subventions illégales" accordées à l'avionneur européen, a précisé l'USTR, douchant les espoirs de Londres d'être épargné dans la perspective du Brexit. Pour l'heure, ces droits de douane renforcés risquent d'accroître les tensions commerciales entre Bruxelles et Washington. Avant même la décision américaine, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, avait affirmé qu'en cas de nouveaux droits de douane américains, "l'UE n'aura pas d'autre option que de faire la même chose". Réitérant toutefois sa "volonté de trouver un règlement équitable".

15 ans de bataille juridique

Delta Air Lines, compagnie américaine cliente d'Airbus, a déploré ces sanctions, estimant que les tarifs douaniers allaient causer de "graves préjudices aux compagnies aériennes américaines, aux millions d'Américains qu'elles emploient et aux voyageurs".

Après 15 ans de bataille judiciaire, l'Organisation mondiale du commerce avait autorisé Washington à prendre des sanctions record, jugeant que le constructeur aéronautique européen avait bien bénéficié de subventions indues. Des aides auraient en effet été versées à l'avionneur européen, par la France, l'Allemagne, l'Espagne et le Royaume-Uni.

Plus tôt, le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire avait lui estimé que les Etats-Unis feraient "une erreur économique et politique" s'ils décidaient d'imposer des sanctions tarifaires, et avait appelé à une "résolution à l'amiable", surtout "au moment où la Chine renforce son industrie aéronautique". Le PDG d'Airbus Guillaume Faury avait lui appelé à une "solution négociée", tandis que le constructeur américain Boeing avait demandé à son homologue français de se "conformer à ses obligations".

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