Violences à Kiev : ''Brûlez pour nos enfants !''

Violences à Kiev : ''Brûlez pour nos enfants !''

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REPORTAGE – Au moins cinq morts dans les affrontements contre la police. A Kiev, ce mercredi, les manifestations anti-gouvernementales ont pris un tour tragique. Au coeur de ces affrontements, un photographe de Metro World News a été blessé par les éclats d'une grenade. Récit.

Les troubles de Kiev ont viré au drame ce mercredi . Au moins cinq personnes ont été tuées dans des affrontements avec la police. Il s'agit des premières victimes depuis le début des manifestations, il y a deux mois, contre la décision du président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, de suspendre les relations avec l'Union européenne.

Cette journée sous haute tension a débuté avec le démantèlement par les forces de l'ordre d'une barricade de fortune place de l'Europe, non loin du Parlement ukrainien. Cocktails Molotov d'un côté, contre grenades lacrymogènes de l'autre, c'est à cet endroit que les premiers échanges entre les deux camps se sont déroulés.

Enormes feux et pots de concombres

''Si nous partons maintenant, nous irons tous en prison. Il faut rester en place'', déclare Bogdan, un jeune manifestant, à Metro World News. Pour ce faire, les contestataires ont allumé d'énormes feux , dont la fumée permetrait, selon eux, de neutraliser les effets nocifs du gaz poivre pulvérisé par les forces de l'ordre.

La colère monte encore d'un cran à l'annonce des premiers morts. ''Brulez pour nos garçons !'', hurle une voix à l'intérieur de la foule, alors que des cocktails Molotov contre police anti-émeutes s'improvisaient dans des pots de cinq litres... de concombres marinés.

Notre photographe blessé à la jambe

Au coeur de ces violences, un prêtre orthodoxe se fait entendre dans la zone ''neutre'' entre les deux camps, plaidant pour un retour au calme. Un message resté lettre morte du côté des unités anti-émeutes. Alignés comme une formation blindée de légionnaires romains, les policiers se ruent sur les manifestants, brandissant leurs matraques et tirant des balles en caoutchouc. La foule, contrainte de se disperser, se replie sur son camp de base, et abandonne la rue dans d'épaisses fumées noires, que l'on apercevait toujours dans le ciel enneigé de Kiev en fin de journée.

Dans ces affrontements, place de l'Europe , un journaliste de Metro World News a été blessé par l'explosion d'une grenade incapacitante. Photographe pour notre journal, Andrey Svitailo, a été touché à la cuisse et au mollet. ''C'est très douloureux, témoigne-t-il, même si, heureusement, les éclats de la grenade n'ont pas pénétré ma peau.'' Ne souhaitant pas être hospitalisé, Andrey a décidé, malgré tout, de poursuivre son travail.

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