Violences conjugales : deux employés de la Maison Blanche démissionnent, Trump met en garde contre les "fausses accusations"

Violences conjugales : deux employés de la Maison Blanche démissionnent, Trump met en garde contre les "fausses accusations"

POLÉMIQUES - En l'espace de trois jours, deux employés haut placés de la Maison Blanche ont démissionné après des accusations de violences conjugales. Sans directement nommer l'affaire, le président américain a dénoncé les "fausses accusations" qui "détruisent des vies".

"Des gens voient leur vie détruites et brisées par de simples accusations." Donald Trump semble avoir peu goûté les accusations de violences conjugales dont deux employés de la Maison Blanche ont fait l'objet ces derniers jours. Dans un message posté samedi sur son compte Twitter, le président américain a, sans les nommer, fait explicitement référence a Rob Porter et David Sorensen, deux employés de la Maison Blanche contraints de démissionner cette semaine après des accusations de violence conjugales. 

"Quelqu'un qui est faussement accusé ne peut pas s'en  remettre, sa vie et sa carrière sont finies. Ca n'existe plus les procédures  équitables?", estime encore le président américain.  Rob Porter et David Sorensen nient les faits qui leur sont reprochés. Cette affaire n'en met pas moins en grande difficulté le secrétaire général de la Maison Blanche John Kelly et la directrice de la communication de l'exécutif Hope Hicks, tous les deux critiqués pour leur gestion de la situation. Rappel des faits : 

Le cas Rob Porter connu depuis des mois

Mercredi dernier, Rob Porter, secrétaire du personnel de la Maison Blanche, a annoncé sa démission suite à des mises en cause par ses deux ex-femmes pour des violences conjugales. Sa démission intervient après la publication d'articles dans le Daily Mail et The Intercept dans lesquels on peut lire les témoignages de deux ex-femmes de Rob Porter, Colbie Holderness et Jennifer Willoughby, où elles dénoncent les abus physiques et psychologiques dont elles ont été victimes. Deux photos montrent Colbie Holderness avec un oeil au beurre noir, résultat d'un coup de poing asséné par son ex-mari, selon elle. Des accusations réfutées par l’intéressé dans un communiqué.

En plus des accusations gravissimes qui pèsent sur Rob Porter, c’est la gestion de son cas qui pose question Outre-Atlantique. Il est reproché notamment à John Kelly d'avoir été au courant du passé sulfureux du secrétaire du personnel de la Maison Blanche depuis novembre dernier, et de l'avoir néanmoins laissé travailler au plus près de Donald Trump. Surtout que son passif, notamment une main courante déposée par son ex-femme en 2010, ne lui a pas permis d'obtenir un feu vert complet à l'issue de la vérification de sécurité à laquelle se soumettent les employés de la Maison Blanche.

Selon le New York Times, John Kelly a affirmé auprès de plusieurs de ses proches qu’il était prêt à démissionner suite à cette affaire. Des informations démenties par la Maison Blanche.

De son côté, Hope Hicks, en couple avec Rob Porter, est pointée du doigt pour la gestion de la communication autour de cette affaire. En effet, malgré sa connaissance de ces accusations, elle a préféré rester silencieuse sur le sujet jusqu’à ce qu’elles soient rendues publiques. "Beaucoup d'entre nous auraient pu faire mieux", a reconnu jeudi le porte-parole adjoint de l'exécutif, Raj Shah. 

Soutien de Donald Trump

Interrogé vendredi sur le départ de Rob Porter, Donald Trump a affirmé avoir été "surpris" lorsqu'il a appris la situation "récemment". "Mais nous lui souhaitons le meilleur. (...) C'est évidemment un moment difficile pour lui. Il a fait du très bon travail pendant qu'il était à la Maison Blanche", a souligné dans le Bureau ovale le milliardaire républicain, rappelant que son ancien conseiller "dit qu'il est innocent et je pense qu'il faut s'en souvenir".

Le son de cloche est légèrement différent de la part du vice-président Mike Pence. "J'étais atterré quand j'ai appris les accusations à l'encontre de Rob Porter. J'ai appris les allégations d'abus conjugaux au moment où il a démissionné", a assuré pour sa part le vice-président Mike Pence, lors d'un entretien à NBC en Corée du Sud. "Il n'y a pas de tolérance au sein de cette Maison Blanche ni de place en Amérique pour les abus conjugaux", a-t-il martelé.

Du côté de l'opposition démocrate, on déplore que la Maison Blanche ait attendu d'être dos au mur pour se décider à réagir. "C'est alarmant que Rob Porter soit resté à un poste d'influence alors même que les révélations sur ses abus conjugaux étaient apparemment connus des proches collaborateurs de Donald Trump", a dénoncé la parlementaire démocrate du New Hampshire Ann McLane Kuster. "Nous devons savoir qui savait quoi, et quand", a-t-elle ajouté.

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David Sorensen lui aussi accusé

David Sorensen, un des rédacteurs des discours de Donald Trump, a démissionné vendredi, deux jours après Rob Porter, pour des accusations, lui aussi, de violences conjugales.  L'ex-épouse de David Sorensen a affirmé au Washington Post qu'il lui avait notamment brûlé la main avec une cigarette, roulé sur le pied avec sa voiture et l'avait poussée violemment contre un mur. 

Sorensen a "nié les accusations et a démissionné", a expliqué à nos confrères de l'AFP Raj Shah, porte-parole adjoint de la Maison Blanche. Selon une source proche, son poste ne nécessitait pas de vérification approfondie en matière de sécurité.

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