Visite d'al-Sissi : un auteur italien restitue sa Légion d'honneur

L'Élysée a communiqué a minima autour de la visite du président égyptien.

PROTESTATION - Dans un courrier publié samedi 12 décembre, Corrado Augias a voulu s'opposer à l'attribution de la médaille au président égyptien, qu'il désigne comme "complice d'atroces criminels".

C'est un geste qu'il juge "grave", "symbolique" et "sentimental". Le journaliste et écrivain italien Corrado Augias doit se rendre, lundi 14 décembre, à l'ambassade de France pour restituer la Légion d'honneur qui lui avait été attribuée en 2007. Une décision prise pour protester contre la décoration du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, et que l'intellectuel de 85 ans explique par le "profond lien émotionnel et affectif [qu'il a] avec la France", dont son père est originaire. 

"À mon avis, le président Macron n'aurait pas dû concéder la Légion d'honneur à un chef d'État qui s'est objectivement rendu complice d'atroces criminels", expose Corrado Augias dans une parution du quotidien La Repubblica. "Je le dis pour la mémoire du pauvre Giulio Regeni, mais aussi pour la France, pour l'importance que cette distinction représente encore, deux siècles après avoir été instaurée."

Un exercice "imposé", plaide l'Élysée

Giulio Regeni, 28 ans, avait été enlevé en janvier 2016 en Égypte. Le corps de l'étudiant italien avait été retrouvé quelques jours plus tard, présentant des marques de torture et de mutilations, dans la banlieue du Caire. Depuis, cette affaire a nourri des tensions entre les deux pays, l'Italie accusant les autorités égyptiennes de ne pas coopérer dans le cadre de l'enquête, voire de brouiller les pistes. 

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Abdel Fattah al-Sissi avait reçu lundi 7 décembre la grand-croix de la Légion d'honneur, au cours d'une visite officielle en France, que les officiels français avaient tenu à ce qu'elle se déroule discrètement. Le geste a déclenché de nombreuses critiques de la part de l'opposition ou d'ONG, qui pointent la répression exercée en Égypte. L'entourage d'Emmanuel Macron faisait quant à lui valoir que les échanges de décoration font partie des "exercices imposés" lors des visites d'État. 

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