Visite de Poutine : après Trump, l'autre enjeu du baptême diplomatique de Macron

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DIPLOMATIE - Emmanuel Macron reçoit lundi Vladimir Poutine sous les ors du château de Versailles. Au programme : le terrorisme, l'Ukraine et la Syrie. Sans oublier de se rabibocher après une campagne présidentielle qui a laissé des traces entre les deux hommes...

En 1717, le séjour en France du tsar Pierre le Grand ouvrait la voie aux relations diplomatiques entre les deux pays. Une visite historique qui, trois siècles plus tard, est célébrée par une exposition au Grand Trianon. Une occasion en "or" pour Vladimir Poutine qui, sous les dorures de Versailles, doit rencontrer ce lundi Emmanuel Macron. Un symbole mais aussi un défi pour le chef de l'Etat français, qui poursuit son baptême diplomatique entamé au G7. 

Se forger une stature internationale

En accueillant l'homme fort du Kremlin, Emmanuel Macron entend bien asseoir son autorité. "J'aurai un dialogue exigeant avec la Russie" sur l'Ukraine, a d'ores et déjà prévenu samedi le nouveau président de la République à l'issue du sommet du G7 de Taormina (Italie). Du côté du gouvernement, on ne cache pas l'enjeu que représente la rencontre : "C'est d'autant plus important qu'on suspectait ce jeune homme (Emmanuel Macron) de ne pas avoir la carrure d'un président de la République et de ne pas être en mesure d'incarner et de défendre la France", a relevé le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. Et d'avertir : "Les premiers pas d'un président sont tout un symbole, si vous trébuchez, c'est tout un quinquennat que vous traînez derrière, en difficulté".

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G7 : premier sommet pour Donald Trump et Emmanuel Macron

Au menu des discussions : la Syrie, l'Ukraine, la Libye…

Au menu de leur rencontre lundi : les relations franco-russes, leurs visions respectives de l'avenir de l'Union européenne, la lutte antiterroriste et les crises régionales, l'Ukraine et la Syrie donc, mais aussi la Corée du Nord et la Libye. Emmanuel Macron a expliqué qu'il jugeait nécessaire de "parler avec la Russie" sur la question syrienne, en vue de "changer le cadre de sortie de la crise militaire" et de "construire de manière beaucoup plus collective une solution politique inclusive" en Syrie. Le Kremlin, qui s'attend à une discussion "très intéressante et franche" sur cette question, note pour sa part que "la France fait partie des pays qui ont une attitude très sévère envers le régime de Bachar al-Assad".

Soigner les plaies de la campagne présidentielle

Emmanuel Macron avait affirmé, lors de sa campagne, ne "pas faire partie de ceux qui sont fascinés par Vladimir Poutine", dont il disait ne pas partager les "valeurs". Et dans son message de félicitations à son jeune homologue français, au lendemain de son élection, Vladimir Poutine l'avait exhorté à "surmonter la méfiance mutuelle". Les deux chefs d'Etat tenteront aussi d'arrondir les angles après la campagne présidentielle française marquée par une audience accordée en mars au Kremlin à la candidate du Front national, Marine Le Pen, et les piratages informatiques dont fut victime En Marche, attribués à des hackers russes.

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