Le pape François en visite en Irlande, un pays miné par les scandales de l'Eglise catholique

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RELIGION - Le pape arrive samedi en Irlande, un pays où l'Eglise catholique a perdu de son influence au fil des ans. Notamment en raison des affaires à répétition.

Attention, terrain miné. Le pape François est attendu ce week-end en Irlande, un pays historiquement chrétiens mais dont la foi est en berne depuis près d’un demi-siècle. En cause ? Notamment des retentissants scandales, allant de la pédophilie aux adoptions illégales. 

Des milliers d’enfants victimes de prêtres pédophiles

Au début des années 1980, une vague de révélations sur les agissements de prêtres secoue le pays. Elles ont abouti à plusieurs enquêtes et à des procès au civil et au pénal. "Les abus sexuels étaient endémiques dans les institutions pour garçons", a établi une commission d'enquête qui a étudié la période allant de 1936 à la fin des années 1990, à la demande du gouvernement. 


"Les autorités religieuses savaient", ont affirmé les enquêteurs, mais "le problème était traité avec des procédures disciplinaires internes". Le gouvernement a mis en place un dispositif public de compensations financières pour les victimes, auquel se sont adressées plus de 14.500 personnes. L’Église catholique d'Irlande, avait mis en place, en 1996, après plusieurs scandales, une procédure interne détaillée demandant à ce que de tels actes soient systématiquement "rapportés à la police". 

Une complicité dans des milliers d'adoptions illégales

Des adoptions illégales d'enfants nés de femmes non mariées, réalisées par l’État irlandais avec la complicité de l’Église catholique ? Voilà ce que plusieurs enquêtes ont révélé ces dernières années. Une agence d'adoption, la St Patrick's Guild, a été particulièrement visée : gérée par les Sœurs de la charité, une congrégation catholique, l'agence a établi au moins 126 certificats de naissance. Or tous avaient été falsifiés entre 1946 et 1969, faisant apparaître les parents adoptifs des enfants comme leurs parents biologiques.  


L'agence mise en cause a cessé ses activités en 2014. Mais selon l'ONG de défense des enfants Barnardo's, toutes les agences d'adoption en Irlande ont été impliquées dans des pratiques illégales comparables. Son directeur a préconisé qu'au moins 150.000 adoptions fassent l'objet d’une enquête, estimant que 10% d'entre elles étaient illégales.

L'affaire de la "fosse commune"

En 2015, le gouvernement irlandais a lancé une commission pour enquêter sur 18 maisons "mère-enfant" qui hébergeaient de jeunes filles-mères non mariées, pour examiner leur "fort taux de mortalité" de nouveaux-nés. Cette enquête faisait suite aux travaux d'une historienne, Catherine Corless. Elle affirmait que près de 800 enfants nés dans l'une de ces maisons de naissance, le foyer St Mary des sœurs du Bon Secours de Tuam (ouest de l'Irlande), avaient été enterrés dans une fosse commune, entre 1925 et 1961. 


Les certificats de décès établissaient que ces enfants étaient morts de malnutrition et de maladies infectieuses, comme la tuberculose et la rougeole. Une "quantité importante" de restes d'enfants avait été découverte en 2017. 

Les "Magdalene Sisters"

Entre 1922 et 1996, plus de 10.000 jeunes filles et femmes tombées enceintes hors mariage ou qui avaient un comportement jugé immoral (notamment des victimes de viols ou des prostituées) ont travaillé dans des blanchisseries. Problème : ce travail a été effectué gratuitement, et il s'agissait de blanchisseries exploitées commercialement par des religieuses catholiques en Irlande. Les pensionnaires étaient surnommées les "Magdalene Sisters". 


En 2013, les autorités irlandaises ont publié un rapport de 1.000 pages sur ces agissements, forçant le Premier ministre de l'époque, Enda Kenny, et les congrégations religieuses à présenter des excuses publiques. 

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