Visite du président chinois : des contrats pas si mirifiques

Visite du président chinois : des contrats pas si mirifiques

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DIPLOMATIE - A partir de mercredi, François Hollande reçoit pour deux jours à Paris le président chinois Xi Jinping. L'occasion pour l'Elysée d'annoncer la signature d'une cinquantaine de contrats, dont le bénéfice économique n'est toutefois pas assuré.
En plein entre deux-tours des élections municipales et tandis que son gouvernement se trouve dans la tourmente, François Hollande va s'extraire mercredi pour deux jours du marasme national. Le chef de l'Etat reçoit en effet en grande pompe à Paris le président chinois Xi Jinping. Dîner d'Etat à l'Elysée, concert à l'Opéra Royal du château de Versailles, dîner privé jeudi au Grand Trianon : l'accueil réservé à son homologue se veut "exceptionnel", comme l'avait promis François Hollande lors de sa visite à Pékin l'année dernière.
 
C'est que l'enjeu est de taille pour la France, qui peine à sortir de la crise économique. Le pays capte moins de 1% des investissements de la deuxième économie mondiale. Et les échanges insuffisants avec la Chine, encore en baisse en 2013, créent un déficit commercial de l'ordre de 26 milliards d'euros, qui plombe le commerce extérieur français. Aéronautique, nucléaire civil, agroalimentaire, santé ou énergies renouvelables : l'Elysée annonce d'ores et déjà la signature d'une cinquantaine de contrats durant cette visite, à laquelle participent 145 hommes d'affaires chinois. L'occasion également d'officialiser le fameux partenariat entre DongFeng et PSA dans l'automobile. Enfin, Pékin pourrait même annoncer l'achat de 150 Airbus, pour un total de 14 milliards d'euros. Un bon coup pour François Hollande.

"La France n'est pas en position de force pour négocier"
 
Mais derrière l'affichage, pas sûr que l'opération soit forcément gagnante. "C'est un effet recherché par le gouvernement en cumulant des annonces. Les contrats signés aujourd'hui sont les résultats de relations qui se jouent à long terme et de négociations menées par les gouvernements précédents", relativise pour metronews Jean-Vincent Brisset, directeur de recherches à l'Iris. Qui souligne que, paradoxalement, la signature de ces importants contrats n'est d'ailleurs pas toujours synonyme de bénéfices. En effet, "la France n'est pas en position de force pour négocier. Pour arriver à vendre, elle doit donc souvent accepter d'offrir des compensations financières ou des transferts de technologies", nous explique le spécialiste de la Chine.
 
La position de Paris sera d'autant moins forte mercredi que, selon le chercheur, les Chinois sont loin d'ignorer les tourments politiques actuels du chef de l'Etat. "Or ils ont tendance à mépriser les personnes affaiblies", souligne-t-il. S'il comptait oublier ses soucis quotidiens le temps d'une visite fastueuse, le Président pourrait donc bien en lire l'ombre dans l'oeil de Xi Jinping.

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