Vladimir Poutine accuse la Turquie de protéger le trafic de pétrole de Daech

Vladimir Poutine accuse la Turquie de protéger le trafic de pétrole de Daech

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DIPLOMATIE - Rien ne va plus entre Moscou et Ankara depuis qu’un avion russe a été abattu par la Turquie. Le président russe a même refusé de rencontrer son homologue turc à la COP21.

La Russie et la Turquie sont à couteaux tirés. Vladimir Poutine a accusé ce lundi 30 novembre Ankara de couvrir le trafic de pétrole auquel se livre Daech en Syrie. Et cela après avoir refusé de rencontrer à Paris Recep Tayyip Erdogan, le président turc, malgré l’insistance de ce dernier.

Ces accusations interviennent alors que la Turquie s'apprête à subir les sanctions économiques décrétées par la Russie après la destruction la semaine dernière d'un bombardier russe, abattu par l'aviation turque près de la frontière syrienne, qui a provoqué une grave crise dans les relations entre les deux pays, autrefois partenaires privilégiés.

Le pétrole acheminé "massivement"

"Nous avons toutes les raisons de penser que la décision d'abattre notre avion a été dictée par la volonté de protéger ces chemins d'acheminement de pétrole vers le territoire turc, justement vers ces ports depuis lesquels il est chargé sur des navires-citernes", a lancé Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse en marge de la Cop21.

Le président russe a affirmé que le pétrole produit par Daech, qui représente l'une des principales sources de financement du groupe djihadiste, était "acheminé massivement, de manière industrielle, vers la Turquie".

Moscou avait déjà accusé Ankara quelques jours après le crash de son avion, qui a abouti à la mort de deux militaires russes, de "protéger" les djihadistes de Daech et de "gagner des centaines de millions et des milliards de dollars" en couvrant leur trafic.

Le projet de François Hollande mis à mal

Selon Vladimir Poutine, la plupart de ses interlocuteurs en marge de la conférence de Paris ont été d'accord sur le fait qu'il n'était "pas nécessaire" pour les autorités turques d'abattre l'avion russe, qui "ne menaçait pas la Turquie". Ankara refuse de son côté de s'excuser et maintient avoir agi légitimement pour protéger son espace aérien.

Le président américain Barack Obama a appelé au Bourget à une "désescalade" lors d'un entretien à huis clos avec son homologue russe, selon un haut responsable de la Maison Blanche. Le secrétaire général de l'Otan a également appelé au "calme", tout en soulignant que la défense de son espace aérien était "le droit souverain de la Turquie". Ces tensions mettent à mal le projet de coalition unique en Syrie portée par François Hollande, qui s'est rendu jeudi à Moscou pour défendre cette idée auprès de Vladimir Poutine.

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